À quelques jours d’un nouveau sommet international dédié à l’IA, l’écosystème français veut afficher sa dynamique. Selon la dernière cartographie publiée par France Digitale, la France compterait désormais 1 114 start-up spécialisées dans l’IA en 2026.
Un chiffre en nette progression par rapport aux 781 structures recensées un an plus tôt. De quoi alimenter l’ambition française de s’imposer comme le premier écosystème européen sur ce terrain stratégique…
Un leadership européen à relativiser
D’après France Digitale, la France devancerait désormais l’Allemagne en nombre de start-up IA, même si le Royaume-Uni reste à la première place à l’échelle européenne élargie, notamment grâce à la puissance de Londres.
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Néanmoins, le rapport montre que toutes les start-ups ne conçoivent pas leurs propres modèles fondamentaux. À ce titre, des acteurs comme Mistral AI font figure d’exception en développant des modèles concurrents de ceux proposés par OpenAI ou Google. La majorité des jeunes pousses françaises se positionne plutôt sur des usages sectoriels, en intégrant des technologies existantes à des solutions métiers.
Sur le plan économique, ces start-up ont levé près de 16 milliards d’euros en 2025 et représenteraient environ 45 000 à 50 000 emplois. Une progression de 25% en un an, malgré le contexte macroéconomique très tendu.
Un écosystème concentré et encore en structuration

Un aperçu des start-ups en France – Source : France Digitale
La géographie de l’IA française confirme la centralité de l’Île-de-France, avec plus de 60% des start-up qui y sont implantées, soit plus de 700 entreprises. Derrière, les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Nouvelle-Aquitaine forment un second cercle dynamique.
Sectoriellement, la santé et les biotechnologies arrivent en tête, représentant plus de 10% des start-ups, suivi du marketing, de la data et du cloud, de l’industrie, ainsi que la finance et l’assurance. L’IA s’impose ainsi comme une technologie transversale, irriguant l’ensemble des secteurs économiques…
Des créations d’entreprises en baisse

Un nombre de start-ups revu à la baisse… – Source : France Digitale
Le niveau de maturité de l’écosystème évolue également. Si certaines structures en sont encore au stade de prototype ou de MVP, une part croissante affiche une traction commerciale, voire une phase de scale-up ou d’internationalisation.
En revanche, le rythme de création ralentit nettement, car seules 39 nouvelles start-up IA ont vu le jour en 2025, un plus bas depuis plus d’une décennie.
Dans l’ensemble, les défis identifiés sont autant technologiques que business, et concernent aussi bien la fiabilité des modèles, l’accès à la donnée, la compréhension des algorithmes, que le recrutement de talents spécialisés ou encore l’accès à la puissance de calcul.
Enfin, sur le plan commercial, la conquête de clients et les levées de fonds restent des priorités selon le rapport de France Digitale. Ainsi, la stratégie nationale engagée dans le cadre de France 2030 vise à transformer cet écosystème dense en véritable atout industriel, mais il faudra déterminer si la masse critique actuelle permettra à la France de faire émerger plusieurs champions capables de rivaliser à l’échelle mondiale…
