Disney possède une demi-douzaine d’applications mobiles qui ne se parlent pas. Une pour le streaming. Une pour Disneyland. Une pour les croisières. Une pour le shopping. Chacune avec son login, son interface, ses notifications. Josh D’Amaro, arrivé aux commandes en mars après Bob Iger, aimerait visiblement que tout cela converge dans une seule app. Bloomberg rapporte que les équipes en interne appellent déjà le projet super app.

Disney+, un hub pour tout l’empire

Lors de la présentation des résultats trimestriels cette semaine, D’Amaro a posé sa vision sans détour. Disney+ deviendrait le pilier numérique de l’entreprise, le point de connexion entre les films, les séries, les expériences dans les parcs, les jeux et le merchandising. Plus un simple catalogue de contenus vidéo.

Quelqu’un qui regarde la saison 5 de The Bear sur Disney+ pourrait, sans quitter l’application, réserver un séjour à Disneyland Paris, acheter une figurine ou embarquer pour une croisière. Le contenu deviendrait un point d’entrée vers une transaction. Cette dernière renforcerait l’engagement avec la plateforme.

Le piège de la super app à l’occidentale

Sur le papier, le concept rappelle WeChat en Chine. Elon Musk en rêve pour X. Netflix flirte avec l’idée en intégrant des jeux. Toutefois, aucune tentative occidentale de super app n’a vraiment fonctionné jusqu’ici. Les utilisateurs européens et américains préfèrent des outils spécialisés. Ils supportent mal qu’une application de streaming leur pousse des offres de croisière entre deux épisodes.

Les 150 millions d’abonnés Disney+ ne sont pas tous des visiteurs de parcs. Une bonne partie regarde des séries Marvel depuis son canapé et n’a aucune intention de réserver un vol pour Orlando. Le fait de transformer Disney+ en une vitrine commerciale pour les branches tourisme et merchandising risque de ne pas créer de la valeur.

Alors, rien de concret pour l’instant

Bloomberg précise que les discussions restent à un stade très précoce. Aucun calendrier, aucune maquette, aucun détail technique n’ont filtré. Les équipes produit décideront si elle tient la route une fois confrontée à la réalité du développement.

Il veut que Disney pense en écosystème. Chacune des branches du groupe a longtemps fonctionné comme une entité pratiquement indépendante avec ses propres outils numériques. Le fait de fusionner tout cela dans une seule expérience mobile obligerait ces divisions à collaborer d’une manière qu’elles n’ont jamais pratiquée. Le vrai obstacle ne sera probablement pas technique.