Depuis plusieurs années, Apple avance prudemment sur le terrain de l’intelligence artificielle générative. Là où Google, Microsoft ou Meta investissent massivement dans leurs modèles et leurs infrastructures, Apple a choisi une trajectoire plus mesurée.
L’annonce de l’intégration de Gemini dans Siri marque toutefois un tournant : Apple reconnaît ses limites actuelles, tout en cherchant à garder la maîtrise totale de l’expérience utilisateur. Derrière ce partenariat très commenté, se dessine une stratégie bien plus discrète qu’il n’y paraît.
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Un partenariat à plusieurs milliards, loin d’un simple ajout technique
Selon les informations du Financial Times, l’accord entre Apple et Google pour l’intégration de Gemini représenterait environ 5 milliards de dollars au total, étalés sur plusieurs années.
Une estimation avancée par l’analyste Gene Munster, qui contraste avec le milliard initialement évoqué dans les premières fuites. Dans le détail, le Financial Times parle d’un contrat structuré comme un accord de cloud computing, avec un coût qui avoisinerait un milliard de dollars par an pour Apple.
Ce montant peut sembler élevé, mais il reste à relativiser. Google verse déjà plus de 20 milliards de dollars par an à Apple pour rester le moteur de recherche par défaut sur Safari. Dans ce contexte, le partenariat Gemini apparaît presque équilibré financièrement.
Pour Apple, il s’agit surtout d’acheter du temps : accéder rapidement à des modèles performants, sans engager des dépenses massives en data centers, alors que ses investissements en infrastructures représentent environ 3% de son chiffre d’affaires.
Une intégration invisible, mais qui reste sous contrôle
Là où Apple se distingue, c’est dans la manière dont Gemini sera intégré. Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, aucune mention de Google ou de Gemini n’apparaîtra dans l’interface. Siri restera Siri, du point de vue de l’utilisateur.
Les modèles de Google serviront de fondation technique, hébergée sur les infrastructures Private Cloud Compute d’Apple, afin de préserver la confidentialité des données.
Mieux encore, Apple aurait négocié le droit d’affiner et d’ajuster Gemini en interne. Le modèle pourra être personnalisé pour correspondre au ton, aux valeurs et aux usages propres à l’écosystème Apple.
Cette approche permet à la firme de proposer un assistant plus conversationnel, capable de gérer des requêtes complexes, du raisonnement contextuel ou même des échanges à dimension émotionnelle, sans donner l’impression de dépendre d’un acteur tiers.
OpenAI s’efface progressivement du paysage Apple…
Ce choix soulève mécaniquement la question de l’avenir de ChatGPT dans Apple Intelligence.
Officiellement, Apple continuera de proposer OpenAI pour certaines requêtes complexes. En pratique, le trafic observé lors des tests serait très limité. Selon les derniers chiffres, OpenAI aurait de son côté renoncé à devenir un fournisseur central pour Siri, préférant se concentrer sur son propre appareil, un projet piloté par Jony Ive.
Enfin, d’un point de vue économique, maintenir deux grands modèles concurrents n’aurait pas de sens pour Apple. Avec Gemini comme socle principal, l’entreprise simplifie son architecture et clarifie sa feuille de route.
Siri nouvelle génération, attendue avec iOS 26.4 au printemps 2026, incarne ainsi une solution pragmatique : s’appuyer sur la technologie de Google, tout en conservant l’illusion, soigneusement entretenue, d’une IA entièrement conçue à Cupertino…

