Michael Smith âgé de 52 ans est originaire de Caroline du Nord et vous ne le connaissez sans doute pas. Pourtant, il a plaidé coupable le 20 mars 2026 devant un tribunal fédéral de New York. Le chef d’accusation est celui de complot en vue de commettre une fraude électronique. Il s’agit de l’une des premières condamnations pour fraude liée à l’IA dans l’industrie musicale.
Un système industriel monté sur 7 ans
Entre 2017 et 2024, Michael Smith a créé des centaines de milliers de chansons à l’aide de systèmes d’IA générative, puis les a déployées sur Amazon Music, Apple Music, Spotify et YouTube Music. Dans le but de gonfler artificiellement les écoutes, il a exploité des milliers de bots répartis sur 1040 comptes selon une enquête de Rolling Stones. Ainsi, il simulait le comportement de vrais auditeurs et échappait aux systèmes de détection des plateformes.
📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.
Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement.
En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles.
Avec cette méthodologie, environ 661 440 écoutes ont été générées par jour. Cela représente plus de 1,2 million de dollars de royalties annuelles. Les chiffres font tourner la tête, car plus de 8 millions de dollars ont été détournés au détriment des artistes dont les titres étaient légitimement diffusés.
Le procureur Jay Clayton a été direct dans son communiqué, il explique que « les chansons et les auditeurs étaient fictifs. Les millions de dollars volés, eux, étaient bien réels ».
Une peine est attendue pour le mois de juillet 2026
Dans le cadre de son accord avec les procureurs fédéraux, Michael Smith a accepté de restituer 8 091 843,64 dollars. Sa peine sera prononcée le 29 juillet prochain. Il encourt tout de même jusqu’à 5 ans d’emprisonnement, 3 ans de liberté surveillée ainsi qu’une amende de 250 000 dollars.
Au-delà du cas personnel, l’affaire illustre une menace à ne pas négliger pour l’industrie musicale.
- Deezer estimait récemment que 70% des écoutes de musique générée par IA sur sa plateforme étaient frauduleuses.
- Spotify a supprimé 75 millions de pistes spam sur la seule année écoulée.
- Apple Music voulait également signaler toutes les musiques générées à l’aide de l’IA.
- Des plateformes comme Suno et Udio permettent de produire de la musique par IA à grande échelle. Elles font face à des poursuites judiciaires aux États-Unis.
Le stratagème de Michael Smith a été pointé du doigt sur X par un internaute prénommé Tuki. Il estime qu’il s’agit « d’une musique que personne n’a jamais vraiment écoutée, générée par une IA, écoutée par des robots ». L’industrie musicale, qui croyait avoir surmonté l’ère Napster, se retrouve face à un défi qu’elle ne doit absolument pas négliger.
