À peine lancé, le modèle vidéo Seedance 2.0 de ByteDance déclenche déjà une tempête juridique.
Alors que les internautes s’enthousiasment pour ses performances spectaculaires, The Walt Disney Company a décidé de contre-attaquer. Le studio accuse la maison mère de TikTok d’avoir entraîné son intelligence artificielle sur son catalogue, sans autorisation.
📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.
Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement.
En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles.
Une mise en demeure pour « pillage massif »

Un aperçu de Seedance 2.0 – Source : Seedance
Selon des informations révélées par Axios, les avocats de Disney ont adressé une lettre de mise en demeure à ByteDance. Le studio évoque un « véritable pillage » de sa propriété intellectuelle et accuse Seedance 2.0 d’intégrer une bibliothèque complète de personnages issus de ses franchises.
Dans le viseur, on retrouve des figures comme Spider-Man, Dark Vador, ou encore Peter Griffin de Family Guy. D’après Disney, les vidéos générées ne relèvent pas d’une simple ressemblance artistique, mais d’une reproduction quasi-parfaite, pixel par pixel.
Le studio parle d’ailleurs d' »overfitting« , un phénomène technique où un modèle mémorise ses données d’entraînement au lieu d’en apprendre des caractéristiques générales.
La riposte s’inscrit dans une stratégie bien rodée, car depuis 2024, Disney multiplie les actions contre les acteurs de l’IA qu’il estime trop permissifs, jusqu’à aller en justice contre Midjourney l’été dernier.
Seedance 2.0, une vitrine technologique ou une bombe juridique ?
Si la réaction de Disney est rapide, c’est aussi parce que Seedance 2.0 impressionne.
Récemment dévoilé par ByteDance, le modèle génère des scènes en 1080p d’une cohérence temporelle rare sur plus de dix secondes. Il accepte de représenter des célébrités ou des personnages protégés, là où d’autres acteurs comme OpenAI avec Sora ou Google avec Veo appliquent des restrictions bien plus strictes.
Sur les réseaux sociaux, des vidéos virales montrent d’ores et déjà des affrontements fictifs entre acteurs hollywoodiens ou des parodies de Star Wars d’un réalisme déroutant. En seulement quelques heures, certaines séquences ont même pu dépasser les millions de vues, signe d’un phénomène qui n’a rien d’anodin.
Un terrain glissant pour Disney ?
Au delà de ces aspects, le contexte géopolitique ajoute une dimension supplémentaire, car la Chine cherche à reproduire l’effet DeepSeek et à démontrer sa capacité à rivaliser avec les Etats-Unis sur l’IA générative. Seedance s’inscrit donc complètement dans cette dynamique, avec l’ambition de séduire le cinéma, la publicité et l’e-commerce.
Par ailleurs, Disney joue encore sur les deux tableaux, le groupe ayant investi un milliard de dollars dans OpenAI en décembre dernier, afin de devenir un partenaire exclusif pour l’exploitation de sa propriété intellectuelle via Sora. Concrètement, cela veut dire qu’il est tout à fait possible d’utiliser les univers de Disney avec l’IA, mais dans un cadre contractuel précis.
Dans les semaines et les mois à venir, la bataille autour de Seedance 2.0 pourrait ainsi devenir un cas d’école sur les limites juridiques des modèles génératifs. Et entre l’innovation technologique et la protection des catalogues, l’équilibre s’annonce plus que délicat…
