À l’heure où la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle devient de plus en plus floue, les réseaux sociaux s’imposent comme un nouvel espace d’évaluation pour les recruteurs.
En effet, une étude récente d’Indeed montre à quel point cette pratique s’est installée dans les usages, au point d’écarter de nombreux candidats avant même un entretien…
Le « screening social » s’installe dans les pratiques de recrutement
Selon une étude menée par Indeed auprès de 500 recruteurs français en 2025 dévoilée par Ouest France, la consultation des réseaux sociaux est devenue quasi systématique dans les processus de recrutement.
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Aujourd’hui, près de 80% des recruteurs déclarent vérifier les profils des candidats pendant les phases d’embauche, et 16% affirment le faire à chaque candidature.
Cette pratique, souvent qualifiée de « screening social« , consiste à analyser les profils publics des postulants sur des plateformes comme LinkedIn, Instagram, X ou Facebook.
A travers cette démarche, l’objectif n’est plus seulement de confirmer un parcours professionnel, mais aussi d’obtenir une vision plus globale de la personne derrière un CV.
Le phénomène varie toutefois selon la taille des entreprises et les secteurs, car les entreprises de taille moyenne y ont particulièrement recours, tandis que certains domaines se distinguent par une adoption massive de cette pratique, comme le juridique, où elle est quasi permanente, ou encore l’industrie manufacturière, l’architecture et la finance, où plus de 85% des recruteurs y ont recours.
Des profils écartés pour des incohérences ou des contenus jugés inadaptés
Selon l’étude, les conséquences de ce contrôle sont bien réelles pour les candidats., car 62% des recruteurs reconnaissent avoir déjà refusé un candidat à la suite de ce qu’ils ont découvert sur ses réseaux sociaux.
La première cause de rejet concerne les incohérences entre le CV et les informations visibles en ligne, citées par 51% des recruteurs, les comportements jugés non professionnels à 47%, la publication de contenus considérés comme inappropriés à 36%, et même les prises de position politiques à 20%.
Interrogés sur leurs motivations, les recruteurs expliquent chercher à mieux cerner la personnalité et les centres d’intérêt du candidat dans 40% des cas, à vérifier la cohérence des expériences et qualifications pour un tiers d’entre eux, ou encore à identifier d’éventuels risques ou comportements problématiques. Une minorité évoque aussi la capacité d’intégration au sein de l’entreprise.
L’e-réputation, un nouveau critère implicite de sélection ?
Ces chiffres confirment une évolution profonde du recrutement : l’e-réputation est désormais analysée au même titre que le CV ou la lettre de motivation. Pour les candidats, cela implique une vigilance accrue sur les contenus publiés en ligne, même sur des comptes perçus comme personnels.
Et comme le souligne Indeed, cette normalisation du screening social pousse les candidats à repenser leur présence numérique. Les réseaux sociaux ne sont plus seulement un outil d’expression ou de mise en relation, mais un élément à part entière du parcours professionnel, capable d’ouvrir… ou de fermer des opportunités.