Depuis plusieurs mois, Oracle s’est imposé comme l’un des acteurs de l’infrastructure cloud dédiée à l’IA, notamment via le projet Stargate.
En effet, les centres de données, les énormes contrats et les investissements massifs ont propulsé le groupe de Larry Ellison au coeur de l’avenir de l’IA. Mais cette position dominante s’accompagne d’attentes très élevées, et la récente chute du titre Oracle à Wall Street illustre à quel point la moindre déception peut fragiliser un domaine porté par une forte croissance..
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Des résultats solides, mais des perspectives qui inquiètent

Un aperçu du cours d’Oracle sur ces derniers jours – Source : Google
À première vue, les chiffres publiés par Oracle ont de quoi rassurer. Sur le dernier trimestre, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 16,06 milliards de dollars, en progression de 14% sur un an. Son activité sur le cloud progresse même de 34%, tandis que la branche dédiée aux infrastructures cloud, indispensable pour l’IA, bondit de 68%.
Pourtant, ce sont les perspectives qui ont fait basculer le marché. Oracle a prévenu que le chiffre d’affaires du trimestre en cours serait inférieur aux attentes des analystes. Et dans un contexte où l’entreprise s’est lourdement endettée pour financer ses ambitions, cette annonce a suffi à déclencher une sanction immédiate. En quelques heures, près de 100 milliards de dollars de capitalisation boursière se sont évaporés, entraînant dans son sillage d’autres valeurs technologiques.
Les investisseurs ont ainsi regardé au delà de la croissance affichée pour se concentrer sur l’augmentation des dépenses d’investissement et la pression sur les flux de trésorerie.
Oracle, symptôme d’une frénésie autour de l’IA ?
Cette chute brutale ne concerne pas uniquement Oracle, mais reflète un climat plus large autour des valeurs liées à l’intelligence artificielle, où les attentes sont parfois déconnectées de la réalité. Face à la menace d’une bulle autour de l’IA, Oracle a engagé des montants colossaux, avec des projets d’investissements pouvant atteindre près de 280 milliards de dollars sur cinq ans pour accompagner des clients comme OpenAI, Meta ou Nvidia.
Autrement dit, la demande est forte, les carnets de commandes sont bien remplis, mais l’argent entre moins vite qu’il ne sort, ce qui alimente les doutes sur la soutenabilité du modèle à court et moyen terme.
Oracle est-il simplement victime d’attentes trop excessives, ou le simple révélateur d’une phase de correction plus large sur l’intelligence artificielle ? Si l’avenir devrait nous le dire, la bourse vient rappeler que même les géants du cloud ne sont pas à l’abri lorsque la promesse technologique se heurte aux réalités financières…