Alors que la pression réglementaire s’intensifie autour de la protection des mineurs en ligne, plusieurs géants des réseaux sociaux acceptent désormais de se soumettre à une évaluation externe de leurs pratiques. Une initiative qui intervient dans un climat de défiance croissante à l’égard des plateformes, accusées de ne pas en faire assez pour préserver la santé mentale des adolescents.

Porté par la Mental Health Coalition, le programme SOS (Safe Online Standards) a pour ambition d’instaurer un système de notation indépendant pour mesurer la capacité des plateformes à protéger les jeunes utilisateurs. Et parmi les premières entreprises à participer, on retrouve déjà Meta, TikTok, Snap, mais aussi YouTube, Discord ou encore Roblox.

Un système de notation inspiré du nutri-score

Concrètement, le programme SOS repose sur une vingtaine de critères qui couvre les politiques internes, les fonctionnalités proposées aux utilisateurs, la transparence ou encore la modération des contenus sensibles, notamment ceux liés au suicide et à l’automutilation.

Les entreprises participantes devront fournir volontairement des documents qui détaillent leurs outils, les paramètres par défaut et les dispositifs de signalement. Ces éléments seront ensuite examinés par un panel indépendant d’experts internationaux.

À l’issue de l’évaluation, les plateformes se verront attribuer l’une des trois mentions suivantes : « Use carefully » pour une utilisation prudente, « Partial protection » pour une protection partielle, ou « Does not meet standards » si la plateforme ne respecte pas les standards.

La meilleure note, matérialisée par un badge bleu, exige par exemple que les outils de signalement soient accessibles et que les paramètres de confidentialité soient clairs pour les parents. Des exigences qui peuvent paraître basiques, mais qui visent à objectiver des engagements souvent difficiles à comparer d’une plateforme à l’autre.

Un contexte judiciaire et politique sous tension

Ce dispositif voit le jour alors que plusieurs procès visent directement les réseaux sociaux aux États-Unis, où Meta, TikTok et YouTube comparaissent actuellement dans une affaire liée à l’addiction des adolescents. Snapchat, de son côté, fait également face à des poursuites, certaines ayant donné lieu à des accords confidentiels.

En parallèle, plusieurs pays durcissent leur position, notamment l’Australie qui interdit désormais les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, et plus récemment la France, où l’Assemblée nationale a voté une interdiction pour les moins de 15 ans, tandis que d’autres États européens étudient des mesures similaires.

De son côté, la Mental Health Coalition assure que les entreprises n’ont ni financé ni influencé la conception des standards SOS. Toutefois, l’organisation a déjà collaboré avec Meta sur plusieurs campagnes de sensibilisation, ce qui alimente certaines interrogations sur l’indépendance du dispositif…