Mistral AI, chouchou du président de la République Emmanuel Macron, est perçu comme la meilleure opportunité de placer l’hexagone sur la carte de l’intelligence artificielle. Courant mai, la start-up a concrétisé ses ambitions mondiales avec le recrutement d’une directrice générale pour les États-Unis, Marjorie Janiewicz.
Mistral AI, cajolé par Paris
Lors de sa prise de poste, Marjorie Janiewicz a affiché la couleur sur LinkedIn, « je vais constituer une équipe et des opérations GTM [ndlr : Go-to-market, mise sur le marché] américaines de premier ordre ». Depuis le début du mois de mai, Mistral AI a multiplié les offres d’emploi à San Francisco, où la société française semble s’implanter.
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Formée à Nantes, Marjorie Janiewicz dispose d’une solide expérience dans le milieu du logiciel et notamment open source, un argument commercial que souhaite mettre en avant la société. Elle a officié chez MySQL, MongoDB, HackerOne ou encore Foursquare. Elle se présente comme une ambassadrice de la French Tech a San Francisco, qu’elle ne se prive pas de mettre en avant dans ses publications.
Un côté très frenchie pour une start-up très soutenue en France. Née en 2023 par Timothée Lacroix, Guillaume Lample et Arthur Mensch par des anciens de Meta ou Google Deepmind, elle a déjà publié ses premiers grand modèle de langage et acquis le statut de licorne. Une levée à venir pourrait la valoriser à 6 milliards de dollars.
Une trajectoire qui a immédiatement attiré l’attention de Paris, soucieux de s’imposer comme puissance de l’IA. Les quelques réticences de la France vis-à-vis de certaines directions de l’AI Act européen ont beaucoup été motivées par la croissance de Mistral AI. La société bénéficie en cela d’un conseiller de choix, bien que questionnable d’un point de vue déontologique, Cédric O, ancien secrétaire au numérique.
À la conquête de l’Ouest
Aux États-Unis, Mistral AI compte jouer sur son indépendance face aux géants de l’industrie pour convaincre des clients. Si elle dispose de partenariat et est parfois financée par ces mêmes géants, l’entreprise veut parier sur l’open source et des modèles de langages flexibles pour séduire les entreprises.
« Fournir une IA sur mesure à tous les entrepreneurs » a promis Marjorie Janiewicz, qui développe, « Cela nécessite une indépendance absolue, un engagement fort en faveur de solutions ouvertes, portables et personnalisables ». Selon les analystes de Bloomberg, il s’agit d’un positionnement intelligent pour conquérir le marché.
Mistral AI devra toutefois composer avec une très forte concurrence. Outre OpenAI soutenu par Microsoft et Gemini de Google, Meta joue aussi l’open source avec Llama. D’autres start-up, comme Anthropic, sont largement soutenues. La confiance est toutefois de mise, « J’ai déjà été agréablement surprise par la notoriété de la marque » a déclaré Marjorie Janiewicz lors d’une interview.