Le régulateur européen se penche sur l’annonce récente d’Apple de désactiver les Progressive Web Apps (PWA) sur iOS. Ces dispositifs sont privilégiés par les développeurs pour éviter de passer par l’App Store et sa rigoureuse politique.

Les prémices d’une enquête approfondie

La Commission européenne a envoyé des questions aux développeurs afin de déterminer l’impact de la décision d’Apple sur leurs activités. Une démarche qui précède généralement une enquête plus approfondie.

Dès la mise à jour iOS 17.4 prévue en mars, les PWA ne seront plus disponibles sur iOS. Ces applications sont conçues pour fournir une expérience utilisateur similaire à celle d’une application native, tout en étant accessible via un navigateur web. Elles permettent d’outrepasser les contraintes des applications classiques, comme la mémoire occupée dans un appareil, et surtout la soumission aux règles des magasins d’applications.

Selon Apple, la fin des PWA s’inscrit dans le cadre de sa mise en conformité avec le Digital Markets Act (DMA). Ses nouvelles mesures ont suscité l’indignation de nombreux acteurs, la société ayant décidé d’imposer de nouveaux frais aux développeurs. Sans les Progressive Web Apps, ils ne pourront pas contourner la taxe de 30 % prélevée par le géant de Cupertino sur les achats in-app.

« Nous examinons en particulier la question des Progressive Web Apps et nous pouvons confirmer l’envoi de demandes d’informations à Apple et aux développeurs d’applications, qui peuvent fournir des informations utiles pour notre évaluation », a confirmé la Commission européenne au Financial Times.

Apple est acculée en Europe

Longtemps épargnée par les autorités antitrust, la marque à la pomme est désormais acculée en Europe. Contrainte d’ouvrir son écosystème à la concurrence en vertu du DMA, elle devrait également écoper d’une lourde amende de 500 millions d’euros pour abus de position dominante dans le secteur du streaming musical. L’entreprise va aussi ouvrir son système de paiement mobile au sein de l’Union européenne.

Les plateformes concernées par le Digital Markets Act ont jusqu’au 6 mars pour se mettre en conformité avec le texte, qui vise à garantir un écosystème concurrentiel sain en permettant aux petits acteurs de fleurir. En cas de non-respect de la législation, les autorités européennes pourront infliger des amendes allant jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires total d’une entreprise, voire 20 % en cas d’infractions répétées.