Beaucoup ont déjà reçu, en se connectant récemment sur Facebook ou Instagram, un message imposant de choisir entre un abonnement payant, sans suivi publicitaire, ou de rester sur un modèle gratuit avec. L’association française de protection des consommateurs, UFC-Que Choisir, s’est associée, ce 30 novembre, à une plainte du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) pour dénoncer des « pratiques commerciales trompeuses et agressives » liées à cette offre.

Meta dans la panade

Il y a seulement quelques jours, l’ONG Noyb, spécialisée dans la protection des données privées, à attaquer l’abonnement de Meta en justice au nom du Règlement Général pour la Protection des Données (RGPD). Les organisations de défense des consommateurs ont choisi un autre angle dans leurs plaintes auprès de la Commission européenne et du réseau des autorités de protection des consommateurs. En France, UFC-Que Choisir a saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Il y a un mois, Meta, a annoncé la mise en œuvre d’une offre d’abonnement, en cours de déploiement. Pour 9,99 euros sur le web, 30 % de plus sur iOS et Android, les utilisateurs peuvent décider de ne plus voir leurs données exploitées pour des publicités ciblées.

Ursula Pachl, directrice générale adjointe du BEUC, ne le voit pas de cet œil. « Meta enfreint le droit européen de la consommation en ayant recours à des pratiques déloyales, trompeuses et agressives », accuse-t-elle. Ces griefs se résument en quatre points :

– Meta tromperait ses utilisateurs en laissant entendre qu’avec un abonnement ses données ne seront plus exploitées. Elles ne le seront plus pour la publicité, mais le seront pour d’autres usages.

– Meta affirme que l’alternative à l’abonnement est une option gratuite. En s’appuyant sur des cas précédents, les associations affirment que l’exploitation de données personnelles est une forme de contrepartie.

– En imposant de choisir entre ses deux options, sous peine de ne plus pouvoir accéder à ses comptes, Meta se livrerait à une pratique agressive par la création d’un « sentiment d’urgence ».

– Enfin, la position dominante des plateformes Facebook et Instagram laisse peu de choix aux utilisateurs. Le BEUC ajoute que les prix élevés des services proposés « sont également dissuasifs pour les consommateurs ».

D’autres plaintes pourraient arriver

Un porte-parole du BEUC a fait savoir à Techcrunch qu’une plainte, cette fois en vertu du RGPD, était envisagée même si rien n’a été décidé. L’association Noyb, qui a lancé sa propre procédure devant l’autorité autrichienne de protection des données au début de la semaine, affirme que Meta ne propose pas un choix libre et éclairer aux utilisateurs avec son offre.

Meta assume préférer un modèle gratuit, contre l’exploitation des données personnelles à des fins publicitaires. L’entreprise affirme avoir pris cette décision pour justement se mettre en conformité avec la législation européenne à la suite de plusieurs amendes ou décisions de justice défavorables en 2023 sur le consentement des utilisateurs.