Le pic de popularité du télétravail post-pandémie s’estompe depuis plusieurs mois. Toutefois, il est intéressant de noter que certaines entreprises de renom, telles qu’Airbnb et Atlassian, un éditeur de logiciels professionnels réputé, continuent de miser sur le télétravail comme stratégie pour attirer et retenir des talents.

Flexibilité contre productivité

La pandémie mondiale a agi comme un catalyseur du télétravail à une échelle sans précédent. Les mesures de confinement et les restrictions de déplacement ont contraint de nombreuses entreprises à mettre en place des solutions de travail à distance en urgence.

Depuis le retour à la normale, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à modifier leur politique pour exiger que tous les employés reviennent au bureau. Un des faits les plus marquants est Zoom, l’éditeur de solution de visioconférence utilisé pour télétravailler. L’entreprise a demandé à toute personne logeant à moins de 80 km d’être présent 2 fois par semaine. De son côté, Amazon a envoyé un mail de rappel à l’ordre la semaine dernière à son personnel ne respectant pas les trois jours de présentiel minimum. D’ici septembre, Meta rejoindra également les entreprises prônant le travail en physique en demandant trois jours de présence à ses employés. IBM est allé encore plus loin en signalant que les promotions seront plus rares pour les personnes à distance.

Avec ses 11 000 employés, Atlassian ne compte pas faire machine arrière tout de suite. Annie Dean, la vice-présidente de l’équipe Anywhere (n’importe où en français) a déclaré dans une interview à Bloomberg « Atlassian s’est engagé à mettre en place un modèle de lieu de travail sans présence obligatoire au bureau (…) Elle est la plus grande entreprise au monde à disposer d’une telle politique de télétravail ».

D’après la responsable, la collaboration à distance avec des rassemblements occasionnels en présentiel stimule la productivité et permet à cette entreprise de logiciels d’origine australienne de recruter des talents de meilleure qualité. « Plus de la moitié des personnes ayant rejoint l’entreprise l’année dernière habitent à plus de deux heures des bureaux » , a-t-elle ajouté.

Cette mise en avant du télétravail est aussi réalisée par Airbnb. L’entreprise laisse ses 6 000 employés choisir leurs lieux de travail, mais exige quelques rencontres régulières pour travailler sur les produits. Twillio, une entreprise spécialisée dans les communications via le cloud, a 3800 personnes en télétravail pour un effectif de 6400. Annie Dean affirme que les entreprises devraient continuer à mettre en place du télétravail, « les réels problèmes de productivité viennent surtout des réunions inutiles, le manque de clarté des objectifs, les boîtes mails débordées et les processus vagues ».