L’agence ukrainienne de prévention contre la corruption (NACP) a récemment décidé de placer le géant chinois du smartphone, Xiaomi, sur sa liste des sponsors internationaux de l’invasion russe. Une décision avant tout symbolique, sans conséquence pour l’entreprise si ce n’est en termes d’image. De son côté, l’entreprise chinoise dément tout soutien à des actions militaires.

Xiaomi épinglé sur une liste comprenant des entreprises françaises

« La société [ndlr : Xiaomi] a non seulement poursuivi son activité en Fédération de Russie après l’invasion à grande échelle, mais est toujours le leader des ventes de smartphones dans l’État terroriste », a expliqué la NACP dans une série de tweets annonçant sa décision.

L’agence ukrainienne reproche à l’entreprise chinoise d’avoir profité de la guerre pour augmenter ses livraisons « de 39 % au cours du troisième trimestre 2022 par rapport au précédent ». Elle l’accuse d’étendre ses activités en lançant de nouveaux smartphones et des recrutements sur le territoire russe. « Cela indique directement que Xiaomi parraine l’agression militaire de la Fédération de Russie contre l’Ukraine ».

Selon une analyse du cabinet Counterpoint, relayée par CNN, auquel renvoie le NACP, en 2021 les smartphones chinois représentaient 40 % du marché russe. Malgré un mouvement de recul dans les premières semaines du conflit, cette part est passée à 95 % : les deux leaders du marché, Apple et Samsung, ont rapidement quitté la Russie après le 24 février 2022.

La liste des « sponsors internationaux de la guerre » n’implique pas spécialement de sanctions rappelle Focus, un média ukrainien. Elle vise à mettre un coup de projecteur sur une entreprise et des personnes, souvent les responsables des entités pointées du doigt, sur le maintien d’activités importantes en Russie. Ces entreprises et leurs dirigeants sont accusés, en dépit des sanctions internationales de fournir « aux secteurs public et privé des biens et services essentiels, mais aussi qui contribuent au budget russe ».

Au total, 22 entreprises figurent sur cette liste, dont trois Chinoises. Xiaomi donc, mais aussi la China State Construction Engineering Corporation, dans la construction et Comnav Marine, spécialisé dans la navigation. Les sociétés originaires de Chine sont moins nombreuses que les Françaises notamment. Leroy Merlin, Auchan, Bonduelle et Yves Rocher ont été épinglés.

Xiaomi a répondu, toujours sur Twitter, à la NACP. Elle a indiqué que ses produits étaient uniquement destinés à des « activités civiles et commerciales ». L’entreprise a ajouté « nous ne supportons aucune action militaire. Nous sommes entièrement pour la paix dans le monde ». Les Ukrainiens, passés maîtres dans l’art des mèmes, ont réagi avec une image de Poutine s’enthousiasmant « je suis reconnaissant à Xiaomi d’avoir accès à leurs outils de communication ».