Huawei a décidé de mettre la pression sur Nokia pour empêcher la vente de 51 % du capital de l’une de ses filiales à New East New Materials (NENM), une société chinoise de produits chimiques. L’entreprise technologique basée à Shenzhen menace de cesser de concéder ses licences à l’entreprise finlandaise si un accord venait à être trouvé.

La cession de 51 % du capital de TD Tech à NENM fait peur à Huawei

Le 9 avril dernier, NENM manifestait dans un communiqué son intérêt pour devenir l’actionnaire majoritaire de la société de technologie sans fil TD Tech. Elle a ainsi proposé à sa maison mère, Nokia Solution and Networks, elle-même filiale du groupe Nokia, plus de 300 millions de dollars pour conclure le deal. Deux jours plus tard, NENM précisait que l’accord pourrait ne pas se concrétiser si Huawei ne le validait pas.

En effet, le géant technologique chinois détient 49 % du capital de TD Tech, et a donc, voix au chapitre sur cette éventuelle participation. Huawei a publié à son tour une réponse où elle affirmait qu’il existait « aucune intention ou possibilité d’exploiter TD Tech avec NENM ». Si le deal venait à être validé, Nokia n’aurait plus aucune part dans l’entreprise et NENM deviendrait le principal actionnaire de l’entité.

Pour Huawei, cela semble inconcevable puisque « la création de cette joint-venture avec Nokia était basée sur les prouesses technologiques des deux parties et sur les capacités mondiales de vente et de service ». Pour le géant chinois, impossible de continuer l’aventure sans Nokia ou sans une autre entreprise ayant « les mêmes capacités stratégiques pour permettre à la coopération de se poursuivre ».

Objectif : conserver Nokia dans le capital de TD Tech

D’après les informations du South China Morning Post, Huawei a donc évoqué son droit de refus. La possibilité de liquider sa participation dans TD Tech, ce qui mettrait un terme à l’existence de la joint-venture, a aussi été évoquée. Enfin, l’entreprise chinoise penserait à résilier son accord de licence avec Nokia et ses filiales.

Mais alors, pourquoi Huawei tient-il tant à ce que Nokia reste actionnaire majoritaire de TD Tech ? Selon Yang Guang, analyste principal responsable du secteur des télécommunications au sein de la société de recherche Omdia, « La firme sait pertinemment que le maintien du statu quo au sein de cette coentreprise reste sa meilleure option commerciale afin de conserver un pied dans le monde occidental face aux sanctions américaines strictes ». La présence de l’entreprise finlandaise dans le capital de cette entreprise lui permet ainsi de commercer au travers de cette entité avec des clients occidentaux malgré les sanctions américaines dont elle fait l’objet.

« Bien que TD Tech soit théoriquement une coentreprise, elle est en fait essentiellement contrôlée par Huawei. La direction est composée d’anciens employés de Huawei, avec des solutions de produits basées sur les produits Huawei, mais adaptées au marché de l’industrie, » précise Yang Guang. Les prochaines semaines pour Huawei seront décisives, afin de savoir si TD Tech pourra poursuivre ses activités avec Nokia à ses côtés.