Le 22 février s’est tenu, Tencent à organiser à Singapour, son premier sommet autour du Web3. Le géant chinois en a profité pour mettre en avant ces ambitions pour ce qui est parfois qualifié de « prochain chapitre d’internet ». Une décision surprenante alors que la Chine interdisait, en 2021, l’utilisation des cryptomonnaies sur son territoire. Ces devises sont principalement utilisées au sein des services du Web3 tels que l’achat de NFT.

Tencent Cloud met le cap sur le Web3

C’est Tencent Cloud, la branche cloud de Tencent, qui a présenté les desseins de l’entreprise basée à Shenzhen. Poshu Yeung, son senior vice-président, a indiqué que « chez Tencent Cloud, nous voyons, dans le Web3, une nouvelle itération d’Internet qui inaugure le concept de “convergence immersive” où les économies physiques et numériques se rencontrent et s’intègrent ». Il ajoute qu’« avec un nombre grandissant d’entreprises désireuses d’explorer et de s’adapter à un avenir numérique efficace et transparent, nous sommes prêts à tirer parti de nos nombreuses années d’expérience technique dans les domaines des jeux, de l’audio et de la vidéo pour fournir un soutien technique solide au Web3 ».

Le groupe a révélé la signature d’un protocole d’entente avec Ankr, une société fournissant des infrastructures Web3, afin de développer une suite complète de services API à destination des blockchains. Construite sur Tencent Cloud, cette dernière devrait permettre aux entreprises ayant recours aux services cloud de Tencent de créer des jeux et des applications pensées pour le Web3.

En plus de cette nouvelle, la division cloud du mastodonte derrière WeChat a annoncé plusieurs partenariats avec trois autres grands noms du domaine : Avalanche, une plateforme de « smart contract », des contrats intelligents qui permettent d’autoriser des transactions sur les blockchains ; Scroll, une solution « Layer 2 » pour la cryptomonnaie Ethereum ; et Sui, une blockchain créée par d’anciens employées de Meta.

Huanhe : la tentative ratée de Tencent

Ce n’est pas la première fois que Tencent se lance sur le Web3. Sa première tentative remonte en août 2021 avec Huanhe, sa place de marché de NFT. Sur celle-ci, les jetons non fongibles étaient appelés des « objets de collection numérique ». Il n’était pas possible de les acheter en cryptomonnaie et ils ne devaient pas être considérés comme des investissements spéculatifs. En juillet 2022, alors que l’engouement autour des NFT touchait à sa fin, Tencent annonçait la fermeture de Huanhe, moins d’un an après son lancement.

Aujourd’hui le gouvernement chinois s’intéresse de nouveau aux jetons non fongibles, malgré ses restrictions imposées envers les cryptomonnaies. Début janvier, Pékin a présenté l’ouverture de sa propre plateforme d’achats, de ventes et d’échanges de NFT. Les actifs numériques seront disponibles sans cryptomonnaie. Avoir recours au yuan numérique, la monnaie numérique de banque centrale chinoise, pourrait être l’une des façons de s’en procurer. La place de marché officielle de l’Empire du Milieu devrait lui permettre de rentrer dans l’univers du Web3, ouvrant la porte aux entreprises de la tech qui s’y intéressent.