Depuis son arrivée chez Twitter, Elon Musk multiplie les mesures drastiques pour réduire les dépenses de l’entreprise, quitte à avoir des démêlés avec la justice. Au moins neuf plaintes ont été déposées à l’encontre de la plateforme ces derniers mois par des propriétaires, consultants et vendeurs. Tous réclament un paiement qui leur est dû de la part de Twitter.

Économiser coûte que coûte

Musk le savait. En rachetant le réseau social pour 44 milliards de dollars, il récupérait une société connue pour son inefficacité à être rentable. Peu de temps après, il évoquait d’ailleurs une possible faillite et prévenant les employés de temps difficiles.

En plus de chercher de nouvelles sources de revenus à travers de nouveaux produits ou en modifiant des processus au sein de Twitter, Elon Musk a également appliqué une politique très austère quant à sa gestion. Il refuse par exemple de payer certaines factures, les loyers de ses bureaux, et a même réduit les dépenses de l’entreprise dans les repas des employés.

Selon le Wall Street Journal, les impayés de Twitter font l’objet d’au moins neuf poursuites judiciaires réclamant, au total, plus de 14 millions de dollars. Parmi les avis de retard, se trouve une facture de près de 7 000 dollars pour un « coffret cadeau pour Elon » commandé par le service marketing de Twitter juste après la complétion du rachat. Trois d’entre elles concernent des bureaux, notamment le siège de la société à San Francisco, où le propriétaire a affirmé que Twitter n’avait pas payé près de 6,8 millions de dollars de loyer en décembre et janvier.

Pas une première pour Musk

Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk a recours à une telle stratégie. En 2018, Tesla a frôlé la catastrophe financière et, pour l’éviter, il n’a pas hésité à reporter, voire à cesser, les paiements que l’entreprise devait à ses fournisseurs. « Nous ne sommes pas en retard parce que nous ne pouvons pas les payer. C’est juste parce que nous nous disputons pour savoir si les pièces sont bonnes », se défendait Musk à l’époque.

« Ce que fait Elon Musk, c’est essentiellement simuler une faillite », explique Van Conway, un expert en restructuration qui a aidé des entreprises en difficulté pendant près de 40 ans. Pour Tesla, cette gestion a porté ses fruits, reste à voir ce qu’il en sera pour Twitter.

En effet, le milliardaire a récemment annoncé que la société se portait mieux, et elle a même commencé à rembourser sa dette. Pour l’heure, on ignore ce qu’envisage de faire Musk concernant ces nombreux impayés, mais compte tenu de son passif, les plaignants risquent de devoir attendre un bon moment avant d’obtenir gain de cause.