Showa Denko, anciennement Resonac, l’un des principaux fournisseurs des géants des semi-conducteurs tels que Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) et Samsung, se dit prêt à investir agressivement dans le secteur. Dans une interview accordée à Bloomberg le 18 janvier, Hidehito Takahashi, président-directeur général, a révélé pouvoir dépenser des milliards de yens pour renforcer la position de sa société.

Une stratégie d’investissement massive dans les semi-conducteurs

Alors qu’elle présentait l’année dernière une feuille de route pour consolider ses dispositifs de fabrication de puces électroniques d’ici 2027, l’entreprise japonaise cherche à tirer parti de son rôle fondamental dans une industrie en constante évolution. Pour rappel, en 2021, le marché des semi-conducteurs s’élevait à 580 milliards de dollars.

Afin d’y parvenir, Hidehito Takahashi est à la recherche de partenaires. « Je suis toujours à l’affût des possibilités d’acquisition, et je n'hésiterai pas à dépenser une centaine de milliards de yens si cela mérite de restructurer notre portefeuille d’activités », indiquait-il à Bloomberg. À lui d’ajouter que « lorsqu’une affaire est justifiée, je peux y consacrer l'argent qu'il faut. Le problème est que personne ne veut vendre des entreprises qui sont en pleine croissance ».

Les États-Unis comme première terre d’investissement

Déjà le leader sur le marché des composants nécessaires à la fabrication des semi-conducteurs, comme les plaques de cuivre laminées et les films photosensibles, Showa Denko souhaite que d’ici 2030, 45 % de son chiffre d’affaires proviennent de ces matériaux, contre 31 % en 2021.

Par ailleurs, Showa Denko espère pouvoir s’étendre aux États-Unis pour suivre ses principaux clients, à savoir TSMC et Samsung. « S’ils disent qu’ils vont investir aux États-Unis, il est difficile pour nous de ne pas les suivre », note Hidehito Takahashi auprès du média américain.

Concernant la Chine, le deuxième marché mondial des semi-conducteurs en proie aux lourdes restrictions imposées par l’administration Biden, la société basée à Tokyo se montre plus prudente. Hidehito Takahashi explique que « la Chine n’est pas un pays sur lequel nous pouvons parier de manière agressive, pour des raisons économiques et géopolitiques ».

Un choix très certainement motivé par la volonté de l’archipel de nouer des liens plus forts avec Washington. En ce sens, Yasutoshi Nishimura, ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie du Japon annonçait, début janvier, une coopération sur le long terme avec les États-Unis pour restreindre les exportations de semi-conducteurs vers l’Empire du Milieu.