Rencontre au sommet entre l’Allemagne et la France à l’occasion des 60 ans du Traité de l’Élysée ce dimanche 22 janvier. Gouvernements et parlementaires des deux plus grandes puissances européennes se sont rencontrés pour échanger autour des sujets les plus brûlants de l’actualité. Parmi eux, Emmanuel Macron et le chancelier Olaf Scholz se sont exprimés sur l’épineux dossier de la réponse européenne à l’Inflation Reduction Act.

Paris et Berlin soutiennent les propos d’Ursula Von Der Leyen à Davos sur l'Inflation Reduction Act

Depuis l’arrivée au pouvoir du chancelier allemand, fin 2021, la relation entre les deux chefs d’État est souvent qualifiée par les observateurs de distante, voire froide. Cet anniversaire vient à point nommé pour renforcer le pilier fragilisé de l’Union européenne (UE). Les deux dirigeants se sont penchés sur plusieurs sujets comme leur soutien à l’Ukraine, la souveraineté, la défense du Vieux Continent et notamment la future réponse européenne à l’Inflation Reduction Act (IRA).

Signée mi-août à Washington, cette loi américaine de 340 milliards d’euros vise à favoriser l’investissement dans les énergies vertes et la relocalisation industrielle. Il subventionne notamment des projets de captures de CO2, le développement de l’hydrogène vert ou encore les biocarburants pour le domaine aéronautique. Seules les entreprises localisées aux États-Unis pourront en profiter, les dirigeants européens craignent un départ massif des sociétés.

À ce sujet, Emmanuel Macron et Olaf Scholz ont d’abord affirmé qu’ils soutiennent « la déclaration et la ligne défensive » d’Ursula Von Der Leyen. La Présidente de la Commission européenne a laissé entendre la semaine dernière lors du Forum économique de Davos que des partenaires commerciaux tentent « de façon agressive d’attirer les capacités industrielles en dehors de l’Europe ».

Ensuite, le président français souhaite que l’Europe négocie « les bonnes exemptions » avec les États-Unis. L’UE pourrait demander à recevoir le même traitement que le Canada et le Mexique. Les deux pays ont signé, en mai 2022, un accord de libre-échange avec le pays dirigé par Joe Biden.

Emmanuel Macron voudrait que les aides sur le Vieux Continent soient « facilement accessibles » aux entreprises. L’UE aurait également la possibilité de demander un examen de la situation auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Celle-ci n’a pas été évoquée comme telle par le Chancelier allemand, « Nous devons nous assurer, en tant qu’Union Européenne, que nous ne sommes pas traités plus mal que les voisins immédiats des États-Unis comme le Canada et le Mexique (…) ça serait inacceptable ».

Au-delà de ces déclarations, de nombreux points n’ont pas été abordés. Notamment, le refus de Berlin à la création d’un fonds souverain. Le gouvernement allemand ne souhaite pas créer de dette supplémentaire à celle laissée par la crise post-pandémie. Pourtant, ce plan proposé par la Commission européenne permettrait aux entreprises implantées dans des pays en difficulté économique comme l’Espagne, l’Italie ou la Grèce de survivre ou de ne pas traverser l'Atlantique.

Pour que l’Europe ne se fasse pas distancer par les États-Unis, les dirigeants devront choisir une réponse suffisamment forte, mais subtile pour ne pas froisser le pays de l’Oncle Sam. Les premières mesures concrètes seront dévoilées à la sortie d’un Conseil européen extraordinaire les 9 et 10 février.