Alors que Thalès semblait être intéressé par la nouvelle filiale d'Atos, Evidian, l'entreprise a décidé de ne pas prendre de participation dans cette entité. Cette annonce réalisée le 10 janvier 2022, une dizaine de jours seulement après qu'Atos ait lancé son appel à candidatures pour trouver de potentiels actionnaires pour son spin-off.

Thalès ne sera pas actionnaire minoritaire d'Evidian

En juin 2022, Atos avait annoncé qu'elle souhaite scinder ses activités. Sa division Big data et sécurité avec d'autres branches tech vont être combinées pour créer Evidian. Cette filiale sera dédiée aux activités numériques et de cybersécurité de l'Entreprise de Services du Numérique (ESN) française. Depuis quelques mois, Thalès s'était montré intéressé par ce projet. Elle avait même reçu le soutien du ministère de l'Économie pour reprendre cette activité, au détriment de ses concurrents, Airbus et Orange.

Toutefois, le groupe dirigé par Patrice Caine a informé Reuters qu'il ne ferait pas d'offre pour prendre une part minoritaire d'Evidian. Un porte-parole de Thalès a confirmé cette information au journal Les Échos. « Le groupe n'a aucune volonté de se diversifier dans des secteurs d'activité qu'il ne sert pas déjà ». La firme souhaite se concentrer sur ses trois secteurs d'activités historiques, la défense, l'aérospatial avec Thalès Alénia Space et l'identité numérique.

Certes, Thalès est présent dans le secteur de la cybersécurité, notamment pour ce qui est de son volet identité numérique, mais cette activité ne constitue qu'une part d'Evidian. Cette nouvelle structure intégrera des métiers en lien avec l'installation de logiciels d'entreprises ou la vente de supercalculateurs qui sont bien loin de ses priorités et de ses activités phares.

Airbus fait une proposition à Atos, les deux entreprises en phase de discussions

Un porte-parole de Thalès précise toutefois que le groupe ne renonce pas totalement à s'impliquer dans l'entité d'Atos. « Le groupe applique une discipline rigoureuse tant en termes de valorisation que de création de valeur », précise-t-il. En d'autres termes, Thalès préfère prendre son temps et voir ce que pourrait proposer Evidian dans les prochains mois ou les prochaines années.

Parmi les autres candidats intéressés pour récupérer une part de la filiale d'Atos, le français spécialisé dans la transformation numérique Onepoint. Ce dernier avait proposé une offre de rachat de l'entité pour une valeur de 4,2 milliards d'euros. Cette proposition a été refusée par Atos en septembre dernier. De son côté, Airbus envisage une prise de participation minoritaire. Le géant de l'aéronautique pourrait prendre jusqu'à 29,9 % d'Evidian et serait en pleine négociation. La divulgation de cette information avait fait bondir de plus de 20 % le cours d'Atos.

Pour l’entreprise de services du numérique, l'objectif est, à terme, une introduction en Bourse. Si cela se fait, la société pourrait mieux financer la restructuration de ses activités en lien avec la gestion des serveurs informatiques des entreprises qui reste son cœur de métier. Contacté par plusieurs médias, Atos a préféré ne faire aucun commentaire autour de l'annonce de Thalès. Par ailleurs, les deux entreprises sont en concurrence pour devenir le successeur de Palantir, ancien partenaire privilégié de la DGSI.