Faisant l’objet de plusieurs poursuites antitrust outre-Atlantique, Google contre-attaque. Dans une requête adressée au juge Amit Mehta, en charge de ces affaires, la firme de Mountain View lui demande de rejeter deux plaintes pesant à son encontre et affirme qu’elles ne sont pas valables.

Google défend ses contrats avec d’autres géants de la tech

La première et plus importante plainte est celle déposée par le Département de la Justice et 11 États à l’encontre de Google à la fin 2020. Elle cible spécifiquement le moteur de recherche de la société et le monopole immense que celui-ci exerce grâce à des pratiques supposément anticoncurrentielles. Selon les plaignants, l’entreprise a dépensé plusieurs milliards de dollars auprès d’autres géants de la tech pour être le moteur de recherche préférentiel sur les navigateurs et appareils électroniques, empêchant déloyalement ses concurrents de prospérer.

Dans son document, consulté par The Verge et qui constitue un aperçu des arguments qui pourraient être avancés lors du procès si les poursuites ne sont pas annulées, la société assure que la plainte dénature ses accords avec les développeurs de navigateurs et les fabricants de smartphones Android : « Exiger de Google qu'elle ne se livre pas à une concurrence vigoureuse - ou exiger des développeurs de navigateurs qu'ils modifient la conception de leurs produits et qu'ils offrent une expérience moins bonne à leurs clients - reviendrait à bouleverser le droit de la concurrence », explique-t-elle.

Elle affirme en outre que ses accords conclus avec Mozilla et Apple pour intégrer Search à leurs navigateurs respectifs n’empêchent en aucun cas les utilisateurs d’avoir recours à des alternatives. Elle atteste aussi que si les navigateurs choisissent Google Search, cela résulte simplement du fait qu’il est plus performant que ses rivaux. « Aucune preuve ne suggère que Google a contraint Apple, Mozilla ou tout autre développeur de navigateur à adopter une conception incluant un seul moteur de recherche par défaut », déclare l’entreprise.

Un procès possible dès le mois de septembre

La seconde plainte que Google espère faire annuler auprès du juge Mehta date également de la fin 2020. Déposées par plusieurs États menés par le Colorado, elle allègue également que l’entreprise signe des contrats exclusifs pour asseoir sa position dominante et empêcher les utilisateurs d’aller chez ses rivaux, ainsi que pour forcer les professionnels à utiliser ses outils publicitaires. La firme de Mountain View aurait utilisé les mêmes tactiques avec des marques d’objets connectés en tous genres qui exploitent la technologie de Google Search. La société nie ces accusations, et assure qu’elles sont sans fondement.

Si tout se passe comme prévu, le procès opposant le géant du Web au Département de la Justice devrait avoir lieu au mois de septembre. Ses implications sont colossales pour Google, puisqu’il pourrait mener à un démantèlement d’une partie de ses activités. D’autres poursuites, ciblant ses activités publicitaires, sont également en cours aux États-Unis.

Les pratiques de Google ont d’ores et déjà été sanctionnées en Europe. L’autorité de la Concurrence du Vieux Continent lui a infligé une amende de 4 milliards d’euros pour avoir obligé les fabricants de smartphones fonctionnant sous Android d’utiliser Google Search.