Shopify, société canadienne de e-commerce, a annoncé qu’elle allait revoir son organisation interne en limitant notamment les réunions récurrentes de plus de deux personnes. Dans un communiqué adressé aux employés à leur retour de vacances, Tobi Lütke, PDG de l’entreprise a expliqué que cette mesure serait, en partie, un gain de temps pour avancer sur d’autres projets.

Des signes de ralentissement économique après les confinements

Grand gagnant lors des premiers confinements mis en place pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, Shopify est devenue une solution indispensable à la survie des petits commerçants qui se sont tournés vers le e-commerce pour continuer à vendre. À ce titre, en septembre 2020 la valeur marchande de la société canadienne s’est élevée à plus de 117 milliards de dollars.

Au départ, la réouverture des magasins n’a pas eu d’impact direct sur Shopify qui a même dépassé les attentes et atteint le milliard de recettes au deuxième trimestre de l’année 2021. Malgré des résultats très satisfaisants, la société canadienne a commencé à montrer des signes de ralentissement puisque les consommateurs ont repris au fur et à mesure leurs anciennes habitudes d’achats. Dans ce contexte, Shopify a dû licencier 10 % de son personnel entraînant une chute de ses actions de plus de 75 %.

Shopify tente de relancer la bonne dynamique de l’entreprise

Malgré cet échec, Shopify va de l’avant. Afin de stimuler et relancer la bonne dynamique de l'entreprise, cette dernière propose une nouvelle conception du travail : la direction a choisi de supprimer ou de limiter les réunions qui sont devenues le quotidien des salariés. En effet, depuis la pandémie le télétravail s’est généralisé et a entraîné un surplus de réunions souvent improductives.

Selon une enquête réalisée par Bloomberg, les employés passent près de 18 heures par semaine en réunion ce qui fait perdre plus de 100 millions de dollars par an pour toutes entreprises qui comptent plus de 5 000 salariés. Compte tenu du ralentissement économique actuel, les sociétés ont tout intérêt à prendre ce facteur en considération.

De plus, d’après une étude menée par la NEOMA Business School, le fait de limiter ou de supprimer les réunions peut stimuler la productivité et réduire le stress des employés. Ainsi, Spotify rejoint des entreprises telles que Meta ou Twilio qui mènent déjà une politique similaire basée sur des journées sans réunion.