Ant Group, première entreprise à souffrir de la reprise en main du secteur de la Tech par Pékin fin 2020, bénéficie à son tour du relâchement réglementaire en cours. Dans un avis du 30 décembre, le Bureau chinois de la réglementation de la banque et de l’assurance a autorisé une augmentation du capital social de sa division chargée des crédits à la consommation.

Chongqing Ant Consumer Finance, créé en 2021 pour regrouper les lucratives activités de crédit à la consommation d’Ant Group, Huabei et Jiebei, va pouvoir lever 10,5 milliards de yuans (1,44 milliard d’euros), passant son capital social à 18,5 milliards de yuans (2,54 milliards d’euros). Cela permettra à la structure de gérer davantage de prêts. Dans la première moitié de 2020, Huabei et Jiebei représentaient 39,4 % des revenus d’Ant, rapporte CNBC.

Ant Group sur le chemin de la rédemption

Fin 2020, Ant Group avait été empêchée, par Pékin, d’être introduite en bourse pour une opération record. La filiale financière d’Alibaba, toujours détenu à 33 % par le géant de l’e-commerce, était pointée du doigt pour sa pratique de shadow banking. Elle était accusée par les autorités chinoises d’accorder des prêts, sans en assumer les risques, mettant en péril l’économie du pays.

Depuis, Ant travaille avec les régulateurs pour régler ce problème. L’augmentation du capital social de Chongqing Ant Consumer Finance est un signe positif sur l’avancée des discussions. Il a été interprété comme tel par les marchés, l’action d’Alibaba affichait une hausse de 9 % ce mercredi, à la bourse de Hong Kong.

Ant Group détiendra 50 % de sa filiale de crédit à la consommation. Le deuxième investisseur le plus important est détenu par le gouvernement de la municipalité de Hangzhou, fief d’Alibaba, à hauteur de 10 %.

Une étape importante reste à franchir pour Ant Group : l’obtention d’une licence de holding financière de la Banque populaire de Chine. Une fois acquise, la fintech aura officiellement le statut de banque et clarifiée la légalité de sa situation.

Jack Ma, le fondateur de l’entreprise, à l’origine du courroux de Pékin contre Ant Group, en est toujours l’un des actionnaires principaux, bien qu’il ait quitté toute fonction de direction. Il a annoncé en juillet qu’il réduirait sa participation à 8,8 % maximum. En parallèle, l’entreprise pourrait, de nouveau, envisager d’entrer en bourse.