Tencent est la dernière entreprise technologique chinoise à rejoindre RISC-V, le plus grand consortium mondial sur les semi-conducteurs qui propose une architecture open source. Un moyen pour les acteurs chinois de contourner les sanctions américaines.

Tencent rejoint RISC-V

L'architecture RISC-V est une alternative au X86 développé par Intel et à l'architecture d'Arm. Cette architecture a gagné en popularité en Chine depuis quelques mois, dans un contexte où les géants de l'électronique tentent de réduire leur dépendance à l'égard des technologies américaines. Avec Tencent, 13 des 25 membres de premier plan de RISC-V sont chinois.

On retrouve notamment Alibaba Cloud, Huawei et ZTE, ainsi que le Beijing Institute of Open Source Chip. L'adhésion coûte 250 000 dollars par an et donne droit à des sièges au conseil d'administration et au comité de pilotage de RISC-V. Parmi les autres membres de premier plan figurent Google, Intel, Qualcomm ou encore Seagate. Pékin fonde de grands espoirs sur le RISC-V.

Les restrictions américaines menacent largement les ambitions de la Chine en matière de développement des puces. Alibaba, Baidu, ByteDance, Tencent, SMIC ou encore Huawei n'ont plus accès aux technologies américaines et n'ont donc plus d'autre choix que de s'entraider et de concevoir leurs puces en interne. Tencent a justement mis en place une unité de conception de semi-conducteurs en interne.

Nommée Peng Lai Lab, le laboratoire de recherche a déjà développé 3 puces différentes, dont un accélérateur d'intelligence artificielle pour les serveurs basés sur le cloud. RISC-V propose une architecture open source développée pour la première fois par David Patterson, professeur à l'Université de Berkeley, en 1980. Selon Calista Redmond, PDG de l'organisation, « il y a des milliards de cœurs RISC-V. Les entreprises du monde entier adoptent cette nouvelle architecture ».

Elle précise que « notre vision pour 2022 était d'amener le RISC-V partout, et cela s'est vraiment concrétisé avec l'adoption et le développement du RISC-V dans tous les secteurs, de l'automobile à l'aérospatial en passant par les centres de données et les appareils grand public ». L'organisation à but non lucratif a déplacé son siège en Suisse en 2020 pour éviter les potentielles réglementations commerciales américaines.

Selon le cabinet d'études Semico, le nombre de puces qui incluent au moins une technologie RISC-V augmentera en moyenne chaque année de 73,6 % jusqu'en 2027. L'organisation compte aujourd'hui 3 180 membres répartis dans 70 pays.