Les importations, en Chine, de matériel permettant de concevoir des semi-conducteurs ont atteint, en novembre, leurs plus bas niveaux depuis mi-2020. Cette baisse importante s'explique par le renforcement des restrictions américaines pour limiter l’exportation de puces et d’outils de fabrication vers l’Empire du Milieu.

Le plus faible niveau d’importation depuis mai 2020

L’Administration générale des douanes chinoises a publié, le 21 décembre, les données mensuelles relatives à l’industrie des semi-conducteurs sur son territoire en novembre. La Chine a importé pour 2,3 milliards de dollars de matériel dédié à l’élaboration de puces électroniques. C’est 40 % de moins que les 3,9 milliards de dollars d’équipements achetés en 2021. Il s’agit également du plus faible niveau d'importation depuis le mois de mai 2020.

D’après les informations de l’agence gouvernementale chinoise, relayées par Bloomberg, les outils en provenance des six principaux pays fournisseurs, à savoir les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud, les Pays-Bas, Singapour et Taïwan, ont chuté de deux chiffres en novembre. Selon le média américain, la demande pour les smartphones et les ordinateurs portables étant retombée par rapport à 2021, les importations de puces ont elles aussi chuté.

Où en est la guerre des semi-conducteurs entre les États-Unis et la Chine ?

Si certains géants chinois de la technologie comme Baidu affirment ne pas être impactés par les restrictions de Washington, ces dernières se font de plus en plus dures. Pour rappel, début octobre, l’administration Biden mettait en place une série de directives pour freiner l’exportation de semi-conducteurs vers la Chine. Les sociétés chinoises placées sur l’Entity List ne peuvent pas se fournir en matériel auprès d’entreprises américaines. Pour que la transaction ait lieu, la société exportatrice doit obtenir une licence dédiée auprès du département du commerce américain. Parmi les fabricants placés sur cette liste noire se trouvent Yangtze Memory Technologies (YMTC) et PXW Semiconductor Manufactory.

Pékin considère ces mesures comme un protectionnisme commercial allant à l’encontre des règles internationales du commerce. En réponse à ces griefs, le gouvernement chinois a engagé une demande d'arbitrage contre les États-Unis auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). L’institution chargée de la régulation du commerce international risque de mettre du temps pour prendre une décision.