Avec l'arrivée des restrictions sur l'export des semi-conducteurs et sur les outils permettant leur fabrication en Chine, l'administration Biden souhaite étouffer l'Empire du Milieu. Ces derniers jours, Alibaba s'est notamment vu restreindre la possibilité d'avoir accès aux designs des dernières puces Neoverse V du groupe britannique spécialisé dans les composants électroniques Arm.

Le fabricant britannique Arm ne pourra plus fournir Alibaba

Alors que les deux entreprises collaboraient par le passé, Alibaba et Arm ne pourront plus faire affaire ensemble. La filiale de SoftBank n'a plus le droit de servir son partenaire chinois sous peine de sanctions, rapporte le Financial Times. Le Royaume-Uni ainsi que les États-Unis n'approuvent pas l'exportation de sa dernière technologie de puces vers la Chine. Un coup dur pour Alibaba qui utilise déjà des puces basées sur l'architecture Arm dans ses serveurs alimentant ses services cloud. Il s'agit également d'une désillusion pour Arm qui perd un de ses fidèles clients.

Selon les informations de The Register, le géant technologique chinois souhaitait exploiter les designs des puces Neoverse V d'Arm afin de développer ses propres processeurs à architecture ARM. En 2025, Alibaba avait pour but de les utiliser pour alimenter plus de 20 % de ses opérations quotidiennes, dont une partie des services qu'elle propose avec Alibaba Cloud. Pékin mise sur l'architecture libre RISC-V, pour devenir moins dépendant des technologies étrangères et contourner les restrictions américaines.

Les restrictions américaines intensifient les tensions sur le marché des semi-conducteurs

Depuis plus de deux mois, plus d'une trentaine de sociétés chinoises, principalement actives dans le marché des semi-conducteurs, ont été ajoutées sur liste noire américaine. Cette « Entity List » recense l'ensemble des entreprises sanctionnées par les États-Unis. Seule une licence d'exploitation, difficile à obtenir selon l'administration Biden, leur permettrait de passer outre ces restrictions.

Dernièrement, c'est le fabricant chinois de semi-conducteurs Yangtze Memory Technologies (YMTC) qui a été placé dans l'Entity List. Le département du commerce américain a jugé que le groupe a violé plusieurs contrôles américains à l'exportation en fournissant à Huawei, des puces mémoires pour ses smartphones. En ne respectant pas les volontés américaines de ne pas approvisionner le géant chinois, YMTC a été immédiatement sanctionné.

De la même manière que le Britannique Arm, ASML, équipementier néerlandais qui fournit les machines nécessaires à la fabrication de semi-conducteurs, va sans doute être touché par les restrictions américaines. Washington souhaite que ses alliés soient tous mobilisés afin d'asphyxier la Chine.