Hier ils étaient plus de 86 000 à travailler chez Meta, aujourd’hui, ils sont environ 75 000. La maison mère de Facebook a annoncé, ce mercredi 9 octobre, le plus grand nombre de licenciements de son histoire. Tous les secteurs de l’entreprise sont touchés, mais celui chargé du recrutement est le plus impacté.

Une chute brutale après avoir touché le somme

Depuis la fondation de Facebook en 2004, l’entreprise de Mark Zuckerberg n’a cessé d'accroître son nombre d'employés. Depuis 2020, ce sont plus de 42 000 personnes qui ont été engagées. Fin septembre, la maison mère de Facebook comptait un effectif de 87 314 salariés. Un nombre hors norme quand la maison mère de Google n'emploie que 72 000 personnes. Après avoir atteint ce sommet, Meta se sépare, aujourd’hui, de plus de 13% de sa main-d’œuvre.

Cette annonce a été révélée dans une lettre signée de la main de Mark Zuckerberg, « Je veux assumer la responsabilité de ces décisions et de la façon dont nous en sommes arrivés là. (...) Je sais que c'est difficile pour tout le monde, et je suis particulièrement désolé pour ceux qui sont touchés. » s’attriste, le PDG.

Ce tsunami est la conséquence des bilans financiers catastrophiques de l’entreprise depuis son changement de stratégie pour miser sur le métavers. La société Meta a vu son chiffre d'affaires baissé pour le deuxième trimestre consécutifs. Lors du troisième trimestre 2022, celui-ci a baissé de 50 %. La valeur de l’action de la société a chuté d’environ 70 % au cours de l’année 2022.

Du rêve à la réalité pour Meta

Il y a un an, en octobre 2021, Mark Zuckerberg promettait, « Le métavers sera dans notre quotidien dans 10 ans. » Cette déclaration est loin d’avoir convaincu les actionnaires de l’entreprise. En effet, de nombreuses critiques visent la stratégie Meta, les investisseurs ne comprennent pas où ils pourront gagner de l’argent avec ce projet.

La maison mère de Facebook a dépensé sans compter pour atteindre le rêve de son fondateur. Plus de 15 milliards de dollars ont été consacrés à sa division Reality Lab : le département est responsable des casques de réalité virtuelle et augmentée ainsi que de création d’Horizon World, le métavers actuel de l’entreprise.

La réduction des effectifs de Meta devrait estomper à nouveau le rêve de Mark Zuckerberg. Le fondateur de Facebook a déclaré que les budgets seraient réduits, les avantages des employés s’en verront affectés. L'entreprise réduira également ses dépenses immobilières. Le gel des embauches, proclamé fin septembre, va aussi être prolongé jusqu'en mars 2023. Pour rassurer les investisseurs, le milliardaire a déclaré que son entreprise se concentrerait à l’avenir sur des domaines plus restreints comme l’intelligence artificielle, la publicité et le métavers. Les trois domaines dont dépend la survie de la société.

Meta est loin d’être la seule entreprise à être contraint à ce type de manœuvre : plus de la moitié de l’effectif de Twitter, racheté récemment par Elon Musk, est en cours de licenciement; Snapchat a viré plus de 1200 personnes en août, soit 20% de ses collaborateurs; Amazon a gelé les embauches début novembre. Le contexte économique et géopolitique incertain est pesant pour les géants de la tech. Vu de la situation, les investisseurs sont de plus en plus réticents à miser sur des projets ne rapportant rien sur le court terme.