Kioxia, une ancienne branche de Toshiba spécialisé dans les puces de mémoire flash, a ouvert une nouvelle fabrique au Japon le 28 octobre. Une inauguration qui intervient dans un contexte troublé lié à l’inflation galopante et aux tensions sino-américaines.

L’aboutissement d’un gros investissement, au pire moment ?

La « Fab7 », située à Yokkaichi, à l’ouest du Japon, va augmenter la production du site de 30 %. La fabrique aura coûté à l’entreprise japonaise la bagatelle de 1 000 milliards de yens, soit environ 6,9 milliards d’euros. Kioxia a bénéficié d’une subvention de 92,9 milliards de yens, un peu moins de 640 millions d’euros, de la part de Tokyo. Il a surtout partagé les coûts via une co-entreprise avec l'américain Western Digital.

L’aboutissement d’une aventure industrielle importante, soutenue par le gouvernement japonais désireux de relocaliser la production de puces. Seulement, après des années de pénurie, le marché des semi-conducteurs est en train de se retourner.

C’est tout du moins le cas d’une partie de l'offre, celui justement lié aux puces mémoires. Nikkei Asia relaie une analyse du cabinet taïwanais TrendForce, qui estime que leur prix va baisser de 15 % à 20 % du troisième trimestre au quatrième.

Les difficultés économiques actuelles ont entraîné une baisse de la demande de smartphone et donc de semi-conducteurs. Les clients des sites de production ont constitué leurs stocks, les prix en souffrent. La rivalité entre la Chine et les États-Unis ajoute à l’incertitude générale.

Kioxia s’adapte aux difficultés du marché

Kioxia a renoncé à son introduction en Bourse en 2020, à cause de la recrudescence d’hostilité entre les deux grandes puissances. L’entreprise japonaise s’est également adaptée au contexte économique. Son président, qui a admis le 28 octobre, « Nous ne savons pas quelle sera la profondeur ou la durée [de cette phase] », a annoncé une baisse de la production.

Elle sera de 30 % dans les usines de Yokkaichi et au nord du Japon, à Kitakami. C’est la plus forte baisse depuis 2012, lorsque Kioxia était toujours une branche de Toshiba. La société pourrait souffrir un an, voire plus si la conjoncture ne s’améliore pas. Les concurrents de Kioxia, le coréen SK Hynix ou l’américain Micron, sans renoncer complètement à leurs investissements futurs, ont décidé de réduire la voilure.