C’est un article que les employés de Twitter ont dû beaucoup retweeter ou s’envoyer en DM. Le Washington Post a révélé le 20 octobre, sur la base de documents juridiques et témoignages, qu’Elon Musk, toujours engagé dans le rachat du réseau social, a annoncé à ses investisseurs qu’il comptait se séparer de 75 % du personnel. Depuis, les cadres de la société ont tenté de rassurer des employés légitimement inquiets.

La relation entre Musk et ses futurs employés est déjà conflictuelle

Elon Musk n’a pas vraiment cherché à se faire des amis chez Twitter, dès l’annonce de sa montée au capital en avril de cette année. Pour rassurer ou tout du moins préparer les salariés, méfiants, voire hostiles aux prises de paroles intempestives du milliardaire, il s’est exprimé devant eux en juin. Il déclarait déjà, à ce moment, qu’il ne voyait pas le problème de se séparer des employés les moins performants.

Les révélations du Washington Post vont beaucoup plus loin. Musk aspirerait à passer de 7 500 salariés à 2 000. Pour y parvenir, les employés les moins performants seraient débarqués en premier, puis les autres suivront.

Il est courant, dans la Silicon Valley, d’entendre que Twitter a trop de personnel par rapport à ses revenus qu’il peine à accroître. Sa masse salariale représente environ 1,5 milliard de dollars, répartis entre des vendeurs de publicités, des ingénieurs, des intervenants extérieurs chargés de la modération…

Le réseau social ayant déjà un équilibre relativement fragile souffre de l’imprévisibilité d’Elon Musk, le rachat annulé, puis relancé. Le cours de Bourse s’est effondré, peu aidé par un contexte économique difficile et les prises de paroles du milliardaire. Le 19 octobre, lors de la présentation des résultats de Tesla, il a redit que lui et les autres investisseurs paient trop cher Twitter, 44 milliards de dollars, par rapport à ce que c’est.

Encore vague sur ses plans pour l’avenir du réseau aux 237,8 millions d’utilisateurs actifs quotidiens monétisables, Elon Musk avait proclamé dès le début vouloir tripler le nombre d’utilisateurs quotidiens et doubler les revenus du réseau en 3 ans.

Twitter tente de rassurer, sans convaincre

La direction actuelle est aussi tout à fait consciente du problème. Les recrutements sont gelés depuis le début de l’année et le parc immobilier de l’entreprise a été réduit. Un système d’évaluation de performance a été mis en place pour classer les employés selon leur performance, au grand dam de ces derniers. Un plan pour réduire la masse salariale à 800 millions de dollars d’ici fin 2023 serait déjà en préparation depuis plusieurs mois, rachat ou pas.

Le soir même de la publication de l’article, Sean Edgett, le directeur juridique Twitter, a transmis une note à tous les employés pour les rassurer. Bloomberg, qui s’est procuré un exemplaire, rapporte qu’il est écrit, « Nous ne disposons d'aucune confirmation des projets de l'acheteur après la clôture de l'opération et nous recommandons de ne pas suivre les rumeurs ou les fuites de documents, mais plutôt d'attendre les faits de notre part et de celle de l'acheteur directement ».

Twitter et Elon Musk ont jusqu’au 28 octobre pour finaliser le rachat. Sur les discussions interne, sur Slack, beaucoup de membres du personnel espèrent tenir jusqu’au 1er novembre, jour où ils toucheront les primes sous forme de distributions d’actions. Dans le même temps, la colère couve envers les cadres qui bénéficieront d’un parachute doré lors de leur départ. Parag Agrawal, l’actuel directeur général de Twitter devrait recevoir près de 60 millions de dollars.