L’urgence climatique oblige les constructeurs automobiles à trouver des alternatives pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des voitures. Si les véhicules électriques trouvent progressivement leur place sur la route, les pneumatiques ont, eux aussi, fait l’objet de profonds changements. Pour les fabricants comme les conducteurs, le but est de passer au vert.

Des transformations pour s’adapter aux volontés des consommateurs

Depuis plusieurs années, les constructeurs automobiles sont en grande mutation écologique. Si la situation environnementale critique est un des moteurs principaux de changement, les nouveaux standards imposés par la société le sont également. Selon un rapport édité par l’Agence de la transition écologique (ADEME) en 2021, l’environnement fait partie des trois préoccupations les plus importantes des Français avec la santé publique et l’emploi. Pour 88 % d’entre eux, les transports sont sur la liste des principales activités responsables du changement climatique.

Pour ces raisons, l’industrie de l’automobile avance petit à petit vers une politique de zéro émission. Bien entendu, cela passe par la construction de véhicules électriques ou hybrides, mais pas seulement. La trajectoire de vie des pneumatiques qui ne sont initialement pas dégradables, doit, elle aussi, être repensée. Depuis 2003, une directive européenne interdit leur mise en décharge afin de favoriser leur recyclage et leur revalorisation.

Plusieurs organisations ont alors vu le jour, dont France Recyclage Pneumatiques. Elle opère dans la collecte et l’élimination des pneus usagés. VEOLIA Propreté ou encore agissent avec elle pour donner une seconde vie aux pneumatiques. Comme l’énonce 1001Pneus, ils sont upcyclés et utilisés dans différents cas de figure : Gazons synthétiques pour les stades de football ou de rugby, mur anti-avalanche, aire de jeux en granulats de pneus… D’autres sont rechapés afin d’être utilisés à nouveau.

Parfois, ce sont seulement certains composants qui sont réutilisés. Mercedes a récemment annoncé que la EQE, la Classe S et la EQE SUV seront équipées de poignées de porte fabriquées à partir d’un mélange de biométhane et d’huile de pyrolyse. Ces deux matériaux proviennent de pneus usagés.

Des innovations qui révolutionnent les pneumatiques

De nombreuses innovations ont été introduites pour concevoir des pneus plus verts, notamment par Michelin. Depuis quelques années, l’entreprise s’intéresse à des solutions plus respectueuses de l’environnement. Un concept de pneumatiques sans air est prévu par le fabricant pour 2024. Ils seront composés d’un mix de caoutchouc composite et d’une résine de fibre de verre. En parallèle, Michelin poursuit ses objectifs de développement durable : son but est de produire des pneus en matières 100 % recyclées d’ici à 2050. En 2020, la société utilisait déjà 20 % de composants recyclés, issus de matériaux durables ou d’origine naturelle pour concevoir ses gommes.

Afin d’accentuer ses efforts, Michelin a annoncé l’année dernière la construction de sa première usine de recyclage de pneus. Celle-ci verra le jour au Chili.

Les autres fabricants se sont, eux aussi, mis à la conception de pneus éco-friendly. Pour ce faire, ils misent sur des composants inédits. Le 2 octobre, le pneu concept Eagle Go de Goodyear a été introduit dans le cadre du projet de concept-car Citroën Oli. Il utilise les huiles de tournesol, les résines de pin, le caoutchouc naturel et la silice de cendre de balle de riz. Pour la plupart, il s’agit de matériaux renouvelables.

Bien que la fabrication de pneus 100 % verts ait encore du chemin à parcourir, les innovations et transformations en cours sont déjà une grande avancée pour le secteur automobile.