Mobileye a déposé ce week-end une demande d’introduction en Bourse. La société détenue par Intel a fait de la conduite autonome sa spécialité, fournissant à ses clients semi-conducteurs, cartographies, et logiciels.

Intel se prépare à ce moment depuis presque un an maintenant. En fin d’année dernière, le géant américain des semi-conducteurs ne cachait pas sa volonté d’introduire son fleuron à Wall Street. Le projet a été lancé en mars, où Intel avait déclaré avoir soumis de manière confidentielle un projet de déclaration d'enregistrement auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) pour un projet d'introduction en Bourse de Mobileye.

Passée sous pavillon américain en 2017, la société d’origine israélienne a vu les effets de synergies porter rapidement leurs fruits. Le chiffre d’affaires est passé de 879 millions de dollars en 2019 à 1,39 milliard en 2021, avec des pertes divisées par quatre. Elle compte à présent 3 100 collaborateurs à travers le monde, dont 80 % sont attribués à la recherche et développement.

Mobileye a également su développer de nombreux partenariats. Déjà fournisseur de solution d’aide à la conduite depuis deux décennies, c’est sur la conduite autonome qu’elle a mis les bouchées doubles. On retrouve ainsi ses technologies dans certains taxis autonomes en partenariat avec la RATP. En Chine, avec Zeekr, succursale du groupe Geely (Volvo, Lotus, Polestar) elle répare pour 2024 la sortie de la première voiture autonome de niveau 4. Dans la demande d’introduction en Bourse, Amnon Shashua, PDG de Mobileye, a déclaré que 50 entreprises utilisaient ses technologies, pour plus de 800 modèles équipés sa solution EyeQ.

Du côté d’Intel, l’entrée au Nasdaq de Mobileye lui ferait perdre une partie du pouvoir qu’elle détient sur l’entreprise. Cependant, l’argent récolté permettrait de construire des usines de semi-conducteurs. En revanche, l’introduction en Bourse devra se frotter à un marché assez morose sur les technologies et notamment les semi-conducteurs. Le secteur affrontant une situation paradoxale entre pénurie et surabondance.