Alibaba vient d’annoncer un investissement d’1 milliard de dollars sur les trois prochaines années fiscales pour booster son activité de cloud computing en dehors de la Chine, alors que la situation économique en Empire du Milieu est mitigée et chancelante.

Booster la croissance des partenaires d’Alibaba

L’annonce a été faite ce jeudi 22 septembre à Phuket lors de l’Alibaba Cloud Summit. L’investissement consistera en « des incitations financières et non financières, telles que des financements, des rabais et des initiatives de mise sur le marché », a expliqué le géant chinois. Son objectif est de soutenir l'innovation technologique et l'expansion du marché de ses partenaires, par exemple à travers un programme pour aider ses clients à localiser leurs besoins en matière de cloud computing en fonction du marché dans lequel ils évoluent.

« Les partenaires ont toujours été au cœur des préoccupations d'Alibaba Cloud, et nous nous engageons à leur fournir un soutien solide... tant sur le plan technologique que commercial », a déclaré Selina Yuan, présidente d'Alibaba Cloud Intelligence International, lors de son discours lors de la conférence. La division cloud de l’entreprise dispose d’ores et déjà d’environ 11 000 partenaires à travers le monde. Parmi eux, se trouvent des géants technologiques comme Salesforce et IBM.

Alibaba Cloud est actuellement le troisième fournisseur cloud dans le monde avec 9,5 % de parts de marché, selon l’agence d’analyse Gartner. Il se trouve derrière Amazon Web Services (39 %) et Microsoft (21 %), mais devance tout de même le géant Google Cloud.

Alibaba est en perte de vitesse

Ce choix stratégique de la part d’Alibaba peut s’expliquer par plusieurs raisons. La société est en effet en perte de croissance dans son secteur historique, l’e-commerce. Au cours du second trimestre, allant de juin à avril, son bénéfice net a chuté de 50 % pour atteindre 3,4 milliards de dollars. Toutefois, ses revenus issus de son service de cloud computing ont augmenté de 10 % durant cette période, ce qui laisse entrevoir une belle marge de progression à l’entreprise alors que le marché du cloud est en pleine expansion.

Cette déconvenue a notamment été entraînée par le confinement très strict imposé en Chine aux mois de mars et avril mettant plusieurs villes à l’arrêt, alors que la régulation des géants technologiques s’est également accentuée. Pour ces raisons, Alibaba souhaite s’exporter davantage à l’étranger afin de diversifier ses activités et mise donc sur le cloud pour y parvenir : lors de son sommet à Phuket, la société a signé près de 30 accords pour aider les clients et les partenaires à accélérer leurs capacités d'innovation numérique grâce à des technologies de cloud computing de pointe, rapporte le South China Morning Post.

Au mois de juin Alibaba Cloud a par ailleurs intensifié ses efforts de développement commercial international avec deux initiatives majeures : l’introduction de l'outil logiciel-service Energy Expert pour aider ses entreprises clientes à gérer leurs émissions de carbone et le lancement de deux nouveaux centres de données en Arabie Saoudite.

La perte d’un gros client

En plus de la situation économique, le contexte géopolitique, et notamment la guerre commerciale que se vouent les États-Unis et la Chine, a également des répercussions sur Alibaba. Par exemple, la société mère de TikTok, ByteDance, a décidé de déplacer les données de ses utilisateurs depuis les serveurs d’Alibaba à ceux d’Oracle, ce qui a affecté les rendements d’Amazon Cloud.

Par ailleurs, la décision récente du gouvernement américain de bloquer l’exportation de semi-conducteurs utilisés dans le développement de centres de données pourrait être néfaste pour Alibaba, qui exploite notamment les puces de Nvidia dans ses data centers. En prenant tous ces éléments en compte, le lourd investissement du géant chinois tombe sous le sens, puisqu’il pourra lui permettre non seulement de se développer à l’étranger, mais également d’éviter les répercussions de phénomènes qui sont hors de sa portée.