Les images donnent l’impression d’être dans un film de science-fiction. Pourtant ce concept pourrait voir le jour à l’horizon 2030. 170 kilomètres de long, 500 mètres de haut, 200 mètres de large et 9 millions d’habitants d’ici 2045 : voici le projet de mégalopole futuriste The Line Neom, du prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane.

Un projet d’envergure qui se veut à la pointe de la technologie

Construite au nord-ouest du pays, dans une zone désertique au bord de la mer Rouge (golfe d’Aqaba), cette ville d’un nouveau genre abritera deux gratte-ciels face à face recouverts de miroirs. Ces immeubles parallèles devraient accueillir 1,2 million de résidents dès 2030. Les futurs résidents bénéficieront de toutes les installations adéquates : espaces résidentiels, écoles, parcs, loisirs, lieux de travail, commerces.... Des industries et des projets d’agriculture sont aussi prévus.

Les autorités saoudiennes insistent également sur le caractère futuriste de ce projet qui émergera d’une zone aujourd’hui désertique. Lune artificielle, plages phosphorescentes, ou encore des majordomes robotisés : le projet regorge de projets innovants inédits.

Aussi, l’économie se voudra axée sur les nouvelles technologies (impression 3D, robotique, biotechnologies, nanotechnologies…). « Le monde se tournera vers Neom pour la prochaine génération de thérapie génique, la génomique, la recherche sur les cellules souches, la nano-biologie et la bio-ingénierie », indique un communiqué de presse de l’agence de presse officielle saoudienne (SPA).

Toutes les commodités seront accessibles à moins de 5 minutes à pied des domiciles. Il est prévu que The Line comprenne un train à grande vitesse qui traversera la ville en moins de 20 minutes. Des drones-taxi, voitures et transports en commun autonomes complèteront également le système de transports de la ville. L’objectif : encourager la marche, supprimer la voiture et faire en sorte que les véhicules circulant dans la ville soient respectueux de l’environnement. Autant de secteurs qui devraient susciter l’intérêt des entreprises étrangères. En 2019, 80 entreprises françaises étaient présentes en Arabie saoudite selon le secrétaire général de la Chambre de commerce franco-arabe (CCFA) Saleh Al-Tayar. Des grands groupes français comme la RATP, Engie, EDF ou encore Saint-Gobain y sont implantés.

Respect de l’environnement

Sur ce point, le royaume ambitionne de créer une ville gratte-ciel durable en mettant l’accent sur son aspect écologique. Pour y parvenir, la vidéo promotionnelle du projet affirme que le site sera alimenté à 100% par de l’énergie renouvelable (fermes éoliennes et photovoltaïques) et « présentera un microclimat tempéré toute l’année avec une ventilation naturelle ».

Cette smart city se veut également autosuffisante sur le plan alimentaire. La subsistance des résidents sera assurée par la mise en place de fermes verticales. De plus, des unités de dessalement de l’eau de mer sont prévus pour alimenter la ville en eau. Des solutions innovantes pour la culture en zones désertiques, recourant également à l’eau de mer, seront développées.

« Les conceptions révélées aujourd’hui pour les communautés verticales de la ville défieront les villes plates et horizontales traditionnelles et créeront un modèle pour la préservation de la nature environnante et l’amélioration de l’habitabilité humaine », a ajouté le prince héritier MBS. Et de continuer en décrivant The Line Neom comme « une révolution civilisationnelle qui place l’humain au premier plan, offrant une vie urbaine sans précédent ».

Une ambition globale de lutte contre le réchauffement climatique

Ce mégaprojet estimé à 500 milliards de dollars s’intègre dans le plan Vision 2030 porté par l’Arabie saoudite. Projet politique d’envergure, il vise à diversifier l’économie du pays dans la finance, l’immobilier, le tourisme, pour l’aider à sortir, à long terme, de sa dépendance aux hydrocarbures. L’aspect environnemental et la lutte contre le réchauffement climatique est également un des points clés du plan Vision 2030. Objectif : faire passer à 50% la part des énergies renouvelables dans sa consommation énergétique d’ici 8 ans.

En matière de lutte contre le réchauffement climatique, l’Arabie saoudite se positionne déjà fortement dans les technologies vertes d’avenir. Ainsi, Middle East Eye rapporte que le royaume serait déjà en bonne voie pour viser le monopole de la production d’hydrogène mondiale. En février 2020, la société Aramco annonçait l’investissement de 110 milliards de dollars US dans le site de production de gaz de schiste de Jafurah, dans l’est du pays. « Mais Riyad ne suivra pas la voie habituelle et n’exportera pas le produit sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) pour entrer en concurrence directe avec le Qatar, premier exportateur mondial de GNL. À la place, Riyad utilisera le gaz extrait pour produire de l’hydrogène », précise l’article.

Le projet Neom s’inscrit lui aussi dans l’ambition saoudienne en matière de production d’hydrogène : il prévoit en effet l’installation de la plus grande usine à hydrogène du monde. Dans un contexte où la société saoudienne est en pleine transformation et cherche à diversifier et verdir son économie à toute vitesse, le royaume dispose d’arguments de poids dans la compétition mondiale pour la croissance verte.