Le 15 septembre a eu lieu « The Merge », la transition de la preuve de travail à la preuve d’enjeu d’Ethereum. La transition s’est déroulée sans accrocs et devrait permettre à la blockchain d’utiliser moins d’énergies pour valider les transactions.

La fusion a eu lieu pour Ethereum

« Et nous avons terminé ! C’est un grand moment pour l’écosystème Ethereum. Tous ceux qui ont contribué à la réussite de “The Merge” peuvent se sentir très fiers aujourd’hui » s’est félicité Vitalik Buterin, le cofondateur d’Ethereum ce jeudi matin sur Twitter.

Le changement du mécanisme de preuve de travail à celui de la preuve d’enjeu est prévu depuis quelques années déjà. La preuve de travail, ou « proof of work » en anglais, repose sur l’utilisation d’une énorme quantité d’énergie utilisée par les ordinateurs des mineurs de cryptomonnaies pour résoudre des équations complexes afin d’ajouter un bloc supplémentaire à la blockchain.

La preuve d’enjeu, ou « proof of stake », elle, ne requiert pas l’implication de mineurs. À la place, elle tire au hasard un utilisateur de la blockchain parmi ceux qui ont une grande quantité de cryptomonnaies. Sur Ethereum, ce dernier utilisera une partie de ses Ethers pour vérifier la transaction et recevra une compensation en retour.

Cette transformation a débuté en décembre 2020 avec la création de la Beacon Chain, une blockchain utilisant la preuve de travail développée par les ingénieurs d’Ethereum. Presque deux ans après, le 6 septembre 2022, a démarré la mise à jour « Bellatrix » afin de lancer « The Merge », la fusion en français. Il s’agit du moment où les deux blockchains vont se rejoindre pour ne former qu’une seule entité.

Le 15 septembre à 8h42, 9 jours plus tard, le réseau Beacon Chain a intégré le réseau principal d’Ethereum qui utilise désormais le mécanisme de preuve d’enjeu.

Frise de la fusion

Frise chronologique retraçant les étapes de « The Merge ». Capture d’écran : Ethereum.

La porte vers une cryptomonnaie plus verte est ouverte

Ce changement marque un tournant majeur dans la transition écologique d’Ethereum et des technologies de la blockchain générale. Le passage à la preuve d’enjeu devrait permettre de réduire la consommation énergétique de la blockchain à 99,95 %. En se séparant de la preuve de travail, le réseau va passer d’une consommation annuelle d’électricité de 23 millions à 2 600 mégawattheures. Une initiative bienvenue alors que le monde se prépare à affronter une période de crise énergétique.

La réussite de « The Merge » a démontré qu’il était possible pour les blockchains de changer de mécanisme de vérification. Pour autant, si la fusion semble n’avoir rencontré aucun souci et que le marché paraît stable, certains experts ont émis quelques réserves. Alex de Vries, un chercheur derrière Digiconomist, un site qui traque les dépenses énergétiques de Bitcoin et d’Ethereum, explique à The Verge que « la quantité totale d’énergie économisée pourrait être inférieure à 99,95 % si une partie de la preuve de travail du réseau Ethereum survit et continue à soutenir des activités minières ».

En attendant, tous les yeux sont rivés vers le Bitcoin dont la consommation d’électricité à l’année dépasse celle du Kazakhstan. Certaines entreprises comme Tesla avaient accepté le bitcoin comme moyen de paiement avant de se rétracter en évoquant justement des raisons écologiques.