À l'instar de Dell ou Logitech, Nokia et Ericsson ont annoncé la fin prochaine de toutes leurs activités en Russie le 29 août, selon Reuters. Les deux équipementiers en télécommunications avaient déjà largement réduit leurs opérations sur place suite à l’invasion de l’Ukraine fin février. Les chinois Huawei et ZTE pourraient en profiter.

Nokia et Ericsson, le départ inéluctable

Un porte-parole de Nokia a rapporté que « D'ici la fin de l'année, la grande majorité de nos employés en Russie auront quitté Nokia, et nous avons libéré tous nos bureaux ». Nokia dispose de 2 000 salariés dans le pays.

De son côté, Ericsson reste plus vague, indiquant un retrait dans les prochains mois. L’équipementier a provisionné 95 millions de dollars pour préparer ce grand déménagement et apporter un soutien financier à ses employés. En avril, l’entreprise avait mis en congé payé 400 d'entre eux.

Nokia a précisé qu’il conservera « une présence formelle dans le pays jusqu'à ce que la fermeture légale soit achevée ». Une activité de maintenance des réseaux critiques continuera à être assurée, dans le respect des obligations contractuelles et humanitaires de l’entreprise.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, suivie de l’avalanche de sanctions occidentales contre Moscou, a incité un grand nombre d’entreprises à quitter le pays. Celles qui restent, comme le français TotalEnergies, font face à de nombreuses critiques.

Huawei va-t-il en profiter ? Pas si sur…

Le départ de Nokia et Ericsson constitue une formidable opportunité pour leurs concurrents chinois Huawei et ZTE. Ces derniers fournissent déjà entre 40 % et 60 % des équipements de télécommunications du pays de Vladimir Poutine. Le reste vient de leurs homologues européennes.

Huawei et ZTE auront notamment la possibilité de récupérer les marchés des opérateurs locaux MTS et Tele2. Pourtant, dès mars, Huawei avait également considérablement réduit ses activités en Russie. Les nouvelles commandes n’étaient pas acceptées, les salariés locaux ont été mis en congé durant le mois d’avril d’après Protocol. En juin les points de vente ont été fermés.

Huawei craignait de s’attirer les foudres des États-Unis. Exclu, avec difficulté, du marché américain, le géant chinois bénéficie toujours d’un grand nombre de précieuses licences d’exportation avec le pays de l’Oncle Sam.

Le média russe Izvestia notait cependant une reprise progressive des livraisons de matériel électronique à la mi-juillet. L’entreprise pourrait donc reprendre discrètement l’ensemble de ses activités dans le pays.

Le moment semble propice, Huawei affiche des résultats financiers décevants à cause des sanctions américaines et occidentales. Toutefois, l’équipementier ne devrait pas avoir le champ totalement libre. Selon le quotidien russe Kommersant, une partie du personnel d’Ericsson devrait être transférée dans une nouvelle structure, créée par d’anciens cadres supérieurs.