Les États-Unis et la Chine se livrent une véritable guerre commerciale et une compétition toute particulière sur le marché des puces. Pékin a récemment critiqué violemment le CHIPS Act, un plan de 52 milliards de dollars pour subventionner massivement la production nationale de semi-conducteurs.

Pékin s'en prend violemment au CHIPS Act américain

Si la Chine s'attaque au CHIPS Act, c'est parce que le pays estime que cette loi est tout simplement discriminatoire et qu'elle viole les principes du marché équitable. Le patron d'un collectif industriel a même déclaré que le CHIPS Act tente volontairement de fragiliser les efforts de Pékin pour construire une industrie des semi-conducteurs. Cette nouvelle loi américaine doit permettre d'augmenter la cadence de production, de réduire les coûts pour les consommateurs américains et de stimuler l'innovation et l'emploi.

La Chine s'est insurgée contre le plan de 52 milliards de dollars voté par le Sénat à la fin du mois de juillet 2022. Le CHIPS Act fait partie d'un ensemble de mesures incitatives (dont le montant total atteint même les 200 milliards de dollars). Selon plusieurs représentants chinois, ces subventions visent clairement à écraser la concurrence chinoise. C'est justement l'avis de Yu Xiekang, vice-président de l'Association chinoise de l'industrie des semi-conducteurs. Il affirme que « certaines des dispositions prises par le gouvernement américain sont discriminatoires à l'égard de la Chine ».

Un plan déloyal ?

Dans les faits, le CHIPS Act contient des clauses qui interdisent spécifiquement aux entreprises qui reçoivent des fonds de développer la production de puces avancées en Chine. Lors d'une conférence industrielle à Nanjing, Yu Xiekang a déclaré vouloir « s'opposer aux actions restrictives des États-Unis visant certains pays. Cette loi crée un terrain de jeu inéquitable, ce qui va à l'encontre des principes de commerce de l'OMC ». Il faut bien reconnaître que les États-Unis ont intensifié leurs efforts pour tenter de contenir les ambitions de la Chine en matière de fabrication de puces.

C'est une source de frustration croissante pour Pékin. Washington impose des restrictions de plus en plus strictes aux entreprises du pays, limitant notamment le type de puces que les sociétés américaines peuvent exporter vers les clients chinois. Parallèlement, l'administration Biden fait appel à des pays alliés pour que des fournisseurs clés comme la société néerlandaise ASML et la société japonaise Nikon, se joignent à cet embargo technologique.

Malgré tous les efforts des États-Unis et le passage du CHIPS Act, le géant chinois SMIC a probablement fait progresser sa technologie de production de deux générations. De plus, le pays a considérablement augmenté sa capacité de production des puces nouvelle génération grâce à Yangtze Memory et Changxin Memory Technologies. Les ventes des semi-conducteurs ont augmenté de 18 % en Chine en 2021. Ce chiffre devrait tomber à 15 % cette année, car le ralentissement économique et les fermetures liées au Covid-19 réduisent la demande.