Apple et Meta, anciennement Facebook, s’affrontent actuellement sur la question du tracking publicitaire des utilisateurs. La marque à la pomme se place en défenseur de la vie privée alors que Meta connaît une perte de revenus publicitaires historiques, causée par les mises à jour d’iOS, selon le réseau social. Avant l’éclatement des tensions, les deux géants auraient toutefois envisagé un partenariat pour lancer un abonnement supprimant les publicités de Facebook, a révélé ce 12 août le Wall Street Journal.

Le projet avorté d'un Facebook payant sans publicité

Depuis la mise à jour 14.5 d’iOS, déployée en avril 2021, les utilisateurs d’iPhone ont la possibilité de refuser le tracking publicitaire entre les applications. Facebook a été brutalement touché par ces changements, annonçant pour la première fois une baisse de son chiffre d’affaires au dernier trimestre. Cependant, l’histoire aurait pu être bien différente. Selon l’enquête du Wall Street Journal, Apple et Facebook entretenaient des relations moins conflictuelles, au point d’envisager la création d’un abonnement commun entre 2016 et 2018.

Cet abonnement aurait permis aux utilisateurs iOS d’avoir accès à une version de Facebook sans publicités. Apple aurait profité de cette offre en touchant une partie des revenus générés par ce service. L'entreprise touche une commission de 30 % sur l’ensemble des achats in-app, dont les abonnements font partie. Puisque Facebook a longtemps été une des applications les plus téléchargées sur l’App Store, l’accord aurait été très profitable à Cupertino.

Apple souhaitait également toucher une part des revenus sur les « publications boostées », une fonctionnalité payante de Facebook permettant de mettre en avant une publication pour toucher plus de personnes. La société de Mark Zuckerberg considère cette fonctionnalité comme une partie de son offre publicitaire, pour Apple il s’agit d’un achat in-app sur lequel il devrait toucher une part des ventes. Ce désaccord aurait contribué à faire capoter le projet.

Meta souffre de la chute des revenus publicitaires

D'après des personnes proches de Meta, interrogées par le Wall Street Journal, Mark Zuckerberg a préféré retarder les changements de ses pratiques en matière de tracking pour maintenir son activité publicitaire, principale source de revenu de l'entreprise. Depuis la mise à jour 14.5 d'iOS, seuls 37 % des utilisateurs ont accepté de laisser Facebook suivre leurs activités entre les applications, a expliqué la société d'étude de marché Insider Intelligence.

Une conséquence de la nouvelle politique d'Apple sur le tracking est la migration du budget de 59 % des annonceurs américains et britanniques vers l'écosystème Android. Meta est touché de plein fouet par cette mutation du marché, alors que la firme cherche toujours à investir massivement dans le métavers. Dernièrement, elle a été contrainte de s'endetter pour la première fois de son histoire, à hauteur de 10 milliards de dollars, pour poursuivre ses investissements.