Au Vietnam, les employés de l’une des plus grandes usines de Samsung commencent à pâtir de la baisse de production de smartphones liée à l’inflation. Le géant sud-coréen a en effet revu ses objectifs à la baisse pour cette année, alors qu’une récession est désormais probable.

À l’usine, les ouvriers travaillent beaucoup moins

L’implantation de Samsung au Vietnam a engendré de réelles opportunités dans le pays, avec des travailleurs notamment attirés par des avantages généreux tels que des repas et des logements subventionnés ou gratuits. Avec six usines réparties dans tout le pays, des centres industriels au nord, à Thai Nguyen et Bac Ninh, où sont fabriqués la plupart des téléphones et des pièces détachées, ainsi que l'usine de Ho Chi Minh Ville qui fabrique des réfrigérateurs et des machines à laver, Samsung est le plus gros investisseur étranger et le plus gros exportateur dans le pays d’Asie du Sud-Est.

C’est justement dans l’usine de Thai Nguyen, qui se trouve à environ 65 kilomètres de la capitale Hanoi, que des travailleurs ont vu leur charge de travail drastiquement baisser ces derniers temps. « Nous allons travailler seulement trois jours par semaine, certaines lignes s'adaptent à une semaine de travail de quatre jours au lieu de six auparavant, et bien sûr, aucune heure supplémentaire n'est nécessaire. Les activités commerciales étaient encore plus robustes à cette époque l'année dernière, lorsque l'épidémie de Covid-19 était à son apogée », a ainsi déclaré Pham Thi Thuong, un ouvrier de 28 ans, à l’agence de presse Reuters.

L’usine de Thai Nguyen est l'une des deux bases vietnamiennes de fabrication de téléphones mobiles de Samsung, où la firme fabrique la moitié de sa production de smartphones. Elle assure que le site a la capacité de fabriquer environ 100 millions d'appareils annuellement. L’entreprise produit également des téléphones en Inde et dans son pays natal, la Corée du Sud.

Samsung se veut rassurante

Le constructeur sud-coréen a réalisé une année 2021 de haute volée en écoulant 270 millions de smartphones. Pour 2022, il a toutefois revu ses objectifs à la baisse ; s’il prévoyait de produire 310 millions de mobiles, il vise désormais les 280 millions d’unités. En cause, des difficultés en approvisionnement ainsi que l’inflation des prix, qui restreint le porte-monnaie des consommateurs dans le monde entier.

Samsung mise gros sur sa nouvelle génération de smartphones pliables, et s'attend à ce qu'ils soient plus performants que son Galaxy Note au second semestre de 2022. Photographie : Mika Baumeister / Unsplash

Malgré les difficultés qui se profilent, Samsung a réalisé un deuxième trimestre 2022 plutôt solide avec une hausse légère de son chiffre d’affaires ainsi qu’une division de semi-conducteurs très performante. La société reste donc optimiste pour la suite de l’année et estime que les perturbations de l'approvisionnement ont été en grande partie résolues et que la demande devrait rester stable et pouvait même connaître une légère croissance à un chiffre.

Samsung mise gros sur ses prochains smartphones pliables, qui seront présentés le 10 août, et s’attend à ce que leurs ventes dépassent celles de son dernier smartphone phare, le Galaxy Note, au cours du second semestre.

Tout le secteur de la tech est affecté par la situation économique

Tout le secteur de la tech est actuellement mis sous pression, même les entreprises les plus puissantes au monde. Tandis que Google et Meta ont annoncé une baisse des recrutements pour se préparer à des temps difficiles, le second a vu son chiffre d’affaires baisser pour la première fois de son histoire. Grande rivale de Samsung, Apple est également freinée dans sa croissance, mais peut remercier les ventes d’iPhone pour booster son chiffre d’affaires.

Pour ce qui est de Samsung, si l’entreprise se veut rassurante, il semblerait que certains de ses travailleurs ne soient pas aussi confiants. Reuters a en effet pu interroger une dizaine des employés de l’usine de Thai Nguyen, et beaucoup d’entre eux ont assuré que les affaires n’étaient pas aussi bonnes que la firme le laissait entendre…