Alors que la canicule touche l’Europe de plein fouet et que les prix de l’énergie explosent, l’Espagne vient à son tour de mettre en place une loi pour baisser les climatisations. Il s’agit d’un décret qui a été publié dans le journal officiel mardi 2 août et qui entrera en vigueur la semaine prochaine. Le texte va imposer aux lieux publics de régler les climatisations à une température maximum de 27°C.

L'Espagne recommande aux citoyens de baisser leur climatisation

Bureaux, magasins, bars, cinémas, aéroports et gares font partie des lieux concernés par cette nouvelle loi. En plus d’une limitation des climatisations, le texte prévoit d’empêcher l’augmentation des chauffages au-dessus de 19°C durant l’hiver. Cette réglementation restera en vigueur au moins jusqu’en novembre 2023. Comme en France, les bâtiments ont aussi l’obligation de laisser leurs portes fermées pour diminuer le gaspillage énergétique.

L’Italie et la Grèce avaient déjà voté une loi similaire le mois dernier, alors que la France travaille encore à son élaboration. Le but des pays européens est de trouver une solution à la pénurie de gaz russe qui se profile à cause de la guerre en Ukraine. Les canicules qui frappent actuellement l’Europe contribuent aussi à augmenter fortement la consommation d’énergie.

Alors que l’Espagne a déjà été touchée par deux vagues de fortes chaleurs cet été, le gouvernement du premier ministre Pedro Sanchez envisage d’élargir la loi aux foyers des espagnols. Il s’agirait d’une recommandation adressée aux citoyens pour les inciter à baisser la climatisation à 27°C et le chauffage à 19°C dans leur habitation. Même si l’Espagne n’est pas aussi dépendante des approvisionnements énergétiques russes que d’autres pays européens, elle a pour objectif de réduire sa consommation de gaz de 7 à 8 %.

Des mesures qui ne font pas l'unanimité

The Guardian rapporte que certains opposants politiques ne sont pas d’accord avec ces mesures sur les climatisations. C’est le cas de la présidente de la communauté de Madrid, Isabel Diaz Ayuso, qui impute le manque d’électricité aux plantations de marijuana dans la ville de Cañada. Selon elle, ces récoltes soumettent le réseau électrique à une telle pression qu’il se coupe régulièrement par mesure de sécurité.

Dans un discours, Pedro Sanchez a annoncé que le pays doit urgemment préserver son énergie et a même encouragé les employés à faire tomber la cravate pour rester au frais. « J’ai demandé aux ministres et aux chefs d’entreprise du secteur privé et public de ne pas porter de cravate, à moins que cela ne soit nécessaire », a-t-il déclaré.