Aux États-Unis, le Sénat vient d'adopter une nouvelle loi baptisée CHIPS Act, dont l'objectif est de subventionner massivement la production nationale de semi-conducteurs. Avec ce projet de loi, c'est une enveloppe de 52 milliards de dollars qui sera distribuée aux acteurs du marché.

52 milliards de dollars avec la loi CHIPS Act

Le CHIPS Act doit maintenant être débattu à la Chambre des représentants. Selon les analystes, ce projet de loi actuel ressemble de très près à la loi américaine sur l'innovation et la concurrence, qui a également été adoptée par le Sénat avant d'échouer dans la chambre basse du Congrès. Le CHIPS Act est une réaction à la pénurie mondiale actuelle de puces électroniques, elle-même le résultat d'une confluence de crises internationales, notamment la pandémie, les relations tendues entre les États-Unis et la Chine, les phénomènes météorologiques extrêmes et la guerre en cours entre la Russie et l'Ukraine. Ces différents facteurs, combinés à la concentration de la fabrication en Asie, ont entraîné une pénurie des puces.

Le président Joe Biden est un fervent partisan de ce projet de loi. Il a même rencontré plusieurs dirigeants d'entreprises spécialisées dans les semi-conducteurs la semaine dernière. Récemment, il a tweeté que « les puces sont les éléments constitutifs de l'économie moderne, elles alimentent nos smartphones et nos voitures. Et pendant des années, la fabrication a été envoyée à l'étranger. Pour le bien des emplois américains et de notre économie, nous devons les fabriquer chez nous. La loi CHIPS Act nous facilitera la tâche ». En effet, cette loi doit permettre d'augmenter la cadence de production, de réduire les coûts pour les consommateurs américains et de stimuler l'innovation et l'emploi.

Les géants des puces ont-ils besoin de ces subventions ?

Dans une récente interview récente, Gina Raimondo, la secrétaire au Commerce, a déclaré que « je pense qu'il faut s'attendre à un scénario effrayant si cette loi ne passe pas. Nous nous dirigeons vers une récession profonde et immédiate. Ce serait aussi l'incapacité de nous protéger car les puces permettent de fabriquer des équipements militaires. Nous devons les fabriquer aux états-Unis ». Gina Raimondo est convaincue que le pays a besoin d'une production nationale en quantité suffisante, pour ne pas être dépendant des pays asiatiques. Même discours du côté du secrétaire au Travail, Marty Walsh. Il a également défendu le CHIPS Act en précisant que ce projet de loi permettra de créer de nombreux emplois sur le sol américain.

Certains législateurs pensent en revanche que les géants qui fabriquent des puces n'ont pas besoin de ces subventions. En effet, les cinq plus grandes entreprises de semi-conducteurs qui recevront probablement la majorité des aides, à savoir : Intel, Texas Instruments, Micron Technology, Global Foundries et Samsung, ont réalisé 70 milliards de dollars de bénéfices l'année dernière. Alors, ces entreprises ont-elles vraiment besoin de l'aide sociale ? Le sénateur républicain de l'Utah, Mike Lee, s'est fait l'écho de ce sentiment en déclarant que « plus vous êtes pauvre, plus vous souffrez. Même les personnes bien ancrées dans la classe moyenne se font considérablement arnaquer. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi nous voudrions leur prendre de l'argent pour le donner aux riches ».