Twitter a annoncé, le 5 juillet, poursuivre en justice le gouvernement indien. Le réseau social veut lutter contre des lois jugées agressives en matière de liberté d’expression. Depuis 2021, les tensions entre l’Inde et la plateforme sociale sont particulièrement tendues.

Twitter montre les crocs

D’après le New York Times, Twitter a déposé une plainte devant la Haute Cour de Karnataka, à Bangalore, contre le gouvernement indien. L’entreprise californienne conteste un ordre lui demandant de supprimer du contenu et de bloquer une douzaine de comptes sur sa plateforme. Parmi les profils visés par la censure indienne, des journalistes, des opposants politiques et des organisations à but non lucratif.

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Le réseau social avait jusqu’au lundi 4 juillet pour répondre à ces directives. Voyant que Twitter ne comptait pas coopérer, Aswini Vaishnaw, Ministre indien des Chemins de fer, des Communications, de l’Électronique et des Technologies de l’Information, a déclaré « qu’il était de la responsabilité de chacun de respecter les lois adoptées par le Parlement [Indien] ».

En 2021, New Delhi a fait entrer en vigueur de nombreuses lois afin d’étendre le pouvoir de censure du gouvernement. Les autorités ont désormais la possibilité d’exiger de Twitter et des autres réseaux sociaux de dissimuler des messages ou des comptes critiquant le régime en place soient cachés aux utilisateurs indiens.

Par la suite, en juillet 2021, le réseau social avait perdu son immunité en Inde. En d’autres termes, l’entreprise est désormais tenue responsable par les autorités indiennes des propos tenus par ses utilisateurs sur sa plateforme. Twitter a été contraint à se plier aux réglementations locales en nommant un responsable des plaintes.

Un conflit grandissant

Le Bharatiya Janata Party, le parti au pouvoir en Inde assimilé à l’extrême droite, a demandé à de nombreuses reprises à Twitter de supprimer du contenu de sa plateforme. En février 2021, le réseau social supprimait plus de 500 comptes et en masquait un grand nombre de la vue des utilisateurs indiens. Ces derniers étaient accusés d’avoir tenu des propos virulents à l’encontre de Narendra Modi, le Premier ministre de l’Inde. La plateforme s’est tout de même gardée de toucher aux comptes de journalistes, de politiciens et d’activistes. En conséquence, les autorités ont menacé d’emprisonner les employés de Twitter basés en Inde s’ils n’appliquaient pas la censure dictée par le gouvernement.

Quelques mois plus tard, en mai 2021, la police indienne a tenté de perquisitionner les locaux de Twitter après qu’un tweet du porte-parole du parti au pouvoir ait été étiqueté « média manipulé ».

Plus récemment, New Delhi a ordonné à Twitter de bloquer les tweets publiés par Freedom House, une organisation à but non lucratif américaine qui prenait l’Inde comme exemple d’un pays où la liberté de la presse est en baisse. Apar Gupta, directeur exécutif de l’Internet Freedom Foundation, une ONG indienne, a indiqué au New York Times qu’il « était révélateur de voir comment un rapport international sur le classement de l’Inde en matière de liberté de la presse est répondu par la censure, plutôt que par le débat et la discussion. C’est une réponse antidémocratique et autoritaire ».