Apple avait promis de se conformer à une loi coréenne sur les télécommunications sur l’ouverture des systèmes de paiements au sein des applications en janvier 2022. De mauvaise grâce, Cupertino a annoncé le 30 juin que c’était chose faite.

Un régime draconien pour les développeurs félons

Apple est rentré dans les clous en Corée du Sud. La marque à la pomme va autoriser les développeurs à mettre en place leur propre système de paiement dans leurs applications. Jusqu’ici, comme dans la plupart des pays, seules la solution d’Apple et ses 30% de commissions étaient soumises aux utilisateurs.

Le géant américain a toutefois décidé de faire de la résistance. Tout d’abord elle continuera à récupérer 26% de commission sur les systèmes de paiement tiers. Un petit pourcent de moins qu’aux Pays-Bas, où l’autorité de la concurrence locale (ACM), a imposé une mesure similaire pour les applications de rencontre.

Les développeurs devront remplir une déclaration sur leur vente à destination de Cupertino pour s’acquitter de cette commission. Ils sont également contraints d'informer leurs utilisateurs qu’ils sortent de l’écosystème Apple.

Entre autres obligations, Apple choisi aussi comment instaurer ce système de paiement, « Pour se conformer à cette loi, les développeurs peuvent utiliser le droit d'achat externe de StoreKit. Ce droit permet aux applications distribuées sur l'App Store uniquement en Corée du Sud de proposer une autre option de traitement des paiements dans l’application » explique l’entreprise dans un communiqué.

Dernière obligation : l’instauration d’un système de paiement tiers interdira d’installer des alternatifs, telle que le système d’Apple ou des liens externes. Enfin, naturellement, les développeurs seront responsables de la gestion de leurs utilisateurs, que ce soit pour les réclamations, les historiques d’achat…

Apple risque de se faire croquer…

Ces conditions draconiennes ne surprennent guère. Apple (et Google) s'est âprement battu dans la péninsule contre cette législation de 2021. Les arguments en défaveur de cette loi sont désormais largement connus, car répétés à l’envi par Cupertino, plus de complexité pour les utilisateurs, plus de fraudes, moins de vie privée.

Techcrunch rappelle que sur le Vieux Continent, aux Pays-Bas, Apple avait tenté de se plier à la décision des autorités avec des mesures tout aussi stricte. L’ACM avait immédiatement refusé, une mauvaise nouvelle alors que la réglementation antitrust européenne, le Digital Markets Act, risque d’entraîner des mesures similaires dans tous les marchés de l’Union européenne. En Corée du Sud la marque à la pomme n’a plus qu’à espérer que la Korea Communication Commission se montre plus conciliante que ses homologues de l’autre bout du monde.