La société taïwanaise GlobalWafers a annoncé le 27 juin qu’elle installera une usine à Sherman dans l’État du Texas. Celle-ci produira des plaques en silicium de 300 millimètres, essentielles à la fabrication des semi-conducteurs. Cette nouvelle récompense les efforts des États-Unis pour consolider son industrie des semi-conducteurs, alors que les difficultés d’approvisionnements persistent. Rien n’est gravé dans le marbre puisque le Congrès doit encore valider le Chips Act pour garantir des financements.

GlobalWafers veut répondre aux problèmes d’approvisionnement

Avec une demande toujours plus forte, les investissements dans l’industrie des semi-conducteurs se comptent en milliards de dollars. Dernièrement, le leader taïwanais du secteur, TSMC, a entamé la construction d’une usine dans l’Arizona pour 12 milliards de dollars. De son côté, le fabricant GlobalWafers mise aussi sur les États-Unis en investissant 5 milliards de dollars dans sa nouvelle usine américaine, la deuxième après celle de Saint Peters dans l’État du Missouri, construit en 1959. La construction du nouveau site texan devrait démarrer d’ici fin 2022.

La présidente du conseil d’administration de l’entreprise, Doris Hsu, explique qu’avec « la pénurie globale de puces et les inquiétudes géopolitiques actuelles, GlobalWafers saisi cette opportunité pour répondre au problème d’approvisionnement en semi-conducteurs qui touche les États-Unis en construisant une usine de plaque en silicium de 300 millimètres ».

Cela devrait rendre les États-Unis moins dépendants de l’Asie, qui selon un rapport de la Maison-Blanche publié en 2021, représentait 92% de l’approvisionnement mondial en semi-conducteurs de pointe. L’usine ne sera cependant pas achevée avant au moins 2025, mais promet la création de 1 500 emplois au Texas. Toutefois, l’implantation de l’usine sur le sol américain dépend du Congrès américain.

L’installation dépend des financements du Chips Act

Le Chips Act est une loi soutenue par l’administration Biden, qui représente un financement de 52 milliards de dollars pour faciliter l’installation d'usines de semi-conducteurs sur le sol américain. Le Congrès, qui doit se mettre d’accord sur ce texte de loi, traîne des pieds. Le fabricant taïwanais dit avoir besoin de ces financements pour s’installer aux États-Unis. « Si le Chips Act n’est pas adopté, nous devrons nous tourner vers la Corée du Sud », a expliqué Mark England, PDG de GlobalWafers.

L’investissement de GlobalWafers est conditionné par la mise en place du Chips Acts. Gina Raimondo, secrétaire au Commerce des États-Unis, soutient que « cet accord disparaîtra, si le Congrès n'agit pas ». Pour elle, c’est dans l’intérêt du pays de faire bouger les choses, puisque celui-ci ne représente que 10 à 12% des parts du marché des semi-conducteurs dans le monde. Intel avait également exprimé sa contrariété quant à l'inaction du Congrès et fait planer le spectre d’une relocalisation de l’industrie vers l’Europe avec des projets à plusieurs milliards de dollars.