Dans le cadre du programme Artemis, la NASA a choisi trois entreprises pour concevoir un petit réacteur nucléaire capable de fonctionner sur la Lune. Si un tel dispositif voit le jour, ses implications dans le domaine de la conquête spatiale seront immenses.

Un réacteur lunaire à fission nucléaire

L’objectif de l’agence spatiale américaine, qui travaille en partenariat avec le Département de l’Énergie sur ce projet, est de développer un système basé sur la fission nucléaire ayant une capacité de production d'énergie de 40 kilowatts, soit l’équivalent d’une charge complète du véhicule électrique Nissan Leaf d'entrée de gamme. Toutefois, le réacteur serait en mesure de produire cela de manière continue, et la NASA souhaite qu’il soit capable de le faire pendant dix ans au moins.

« Relativement petits et légers par rapport à d'autres systèmes d'alimentation, les systèmes de fission sont fiables et pourraient permettre une alimentation continue indépendamment du lieu, de la lumière solaire disponible et d'autres conditions environnementales naturelles », détaille la NASA dans un communiqué de presse. À ne pas confondre avec la fusion nucléaire, qui permet de reproduire les conditions que l’on trouve au cœur des étoiles, sur laquelle de nombreux chercheurs travaillent encore, la fission nucléaire est d’ores et déjà utilisée par l’humanité dans les centrales nucléaires.

La NASA réfléchit à un tel système depuis au moins quatorze ans, et espère que le concept qu’elle choisira pourra être testé sur notre satellite d’ici à la fin de la décennie.

Qui sont les trois lauréats ?

L’agence spatiale a ainsi choisi le concept de trois entreprises différentes, et va octroyer à chacune d’entre elles une somme de 5 millions de dollars pour sa conception.

La première entreprise est Lockheed Martin, qui a par ailleurs été sélectionnée par le Département de la Défense américain pour développer un vaisseau spatial à propulsion nucléaire. Lockheed Martin est une firme habituée du secteur spatial avec beaucoup d’expérience, elle est également la première entreprise mondiale de défense et de sécurité. Elle est d’ailleurs à l’origine de la capsule Orion dans laquelle seront transportés les astronautes du programme Artemis, et elle a participé à la conception des différents rovers envoyés par la NASA sur Mars. L'entreprise s'associera à BWXT et à Creare pour le développement du réacteur nucléaire.

La seconde firme sélectionnée par la NASA est Westinghouse, et elle sera en partenariat avec Aerojet Rocketdyne. Rachetée par Toshiba en 2006, Westinghouse est spécialisée dans les domaines de la conception et la fabrication d’assemblages de combustibles nucléaires, ainsi que dans le développement et la réalisation de nouvelles centrales nucléaires.

La dernière société à bénéficier d’un contrat avec la NASA est IX, une coentreprise entre Intuitive Machines et de X-Energy. Contrairement à ses deux concurrentes, IX est composée de firmes jeunes, elles ont respectivement été fondées en 2013 et en 2009. Intuitive Machines se spécialise dans les nouvelles économies lunaires et a déjà établi d’autres contrats avec la NASA dans le cadre du programme Artemis. X-Energy, elle, est une société d'ingénierie et de conception de réacteurs nucléaires et de combustibles. IX va collaborer avec Boeing et Maxar.

Vision d'artiste de la station Lunar Gateway, qui se trouvera en orbute lunaire et dans laquelle des astronautes séjourneront. constamment. Image : NASA

L’importance d’une telle technologie

Pour rappel, le programme Artemis prévoit de renvoyer des humains sur la Lune, mais également d’y construire une base permanente qui serait constamment occupée par des astronautes. Avec un ou plusieurs réacteurs nucléaires, l’énergie ne serait plus un problème pour les voyages spatiaux longs et lointains, cette avancée pourrait également nous permettre de faire de grands pas en avant dans la conquête de Mars. Par ailleurs, la technologie pourrait également entraîner d’importantes découvertes pour les systèmes de propulsion nucléaire, clés d’une possible exploration de l’espace lointain.

« Les prix de la phase 1 permettront à la NASA d'obtenir de l'industrie des informations essentielles qui pourront conduire au développement conjoint d'un système d'alimentation à fission complet certifié pour le vol. Les technologies de production d'énergie par fission en surface aideront également la NASA à faire mûrir les systèmes de propulsion nucléaire qui utilisent des réacteurs pour produire de l'énergie. Ces systèmes pourraient être utilisés pour des missions d'exploration de l'espace lointain », explique la NASA dans son communiqué.

S’étendant sur de longues années, le programme Artemis devrait débuter très bientôt et permettre à l’humanité de réaliser d’incroyables avancées scientifiques. En plus de la potentielle capacité à générer de l’énergie dans l’espace, ce programme devrait aussi faire éclore le premier système GPS en dehors de la Terre, qui permettra aux astronautes de se localiser sur la Lune comme ils le font sur notre planète.