Les révélations s’enchainent concernant les affaires de harcèlement sexiste et de discrimination chez Activision Blizzard. Dans un rapport diffusé par la Securities and Exchange Commission (SEC), le jeudi 16 juin, l’éditeur de jeu vidéo affirme avoir réalisé une enquête interne qui ne prouve en aucune manière que la direction cherche à minimiser les faits de harcèlements. Les plaintes qui s’accumulent ont pourtant largement entaché la réputation de l’entreprise.

Activision dément les tentatives de minimiser les cas de harcèlement

En juillet 2021, le lancement d’une enquête pour des cas de harcèlement et de discrimination chez Activision Blizzard a été révélé au grand jour. L’entreprise est notamment accusée d’entretenir une culture qui favorise le sexisme. Une situation en partie causée par l’inaction de ses dirigeants, dont son PDG, Bobby Kotick, qui aurait caché certaines informations aux. Depuis, l’entreprise fait face à des accusations successives, comme la non prise en charge de plaintes pour discrimination.

Pour réfuter ces attaques, Activision a mené une enquête en interne. Les résultats de ses investigations maisons ont été divulgués dans un document déposé auprès de la SEC. Activision s’y présente comme « une entreprise qui ne détourne pas le regard ». Après avoir fait appel à des conseillers externes, parlés aux employés et examiné des notes internes, l’éditeur de jeu vidéo est arrivé à la conclusion « qu’il n’existe aucune preuve qui suggère que les dirigeants d’Activision Blizzard ont intentionnellement ignoré ou tenté de minimiser les cas de harcèlements sexistes qui ont eu lieu et qui ont été signalés ».

L’entreprise admet certes l’existence de « quelques cas avérés de harcèlement sexiste », cependant, elle dément tout lien entre eux. Elle assure qu’ils ont été systématiquement pris en charge. Elle explique que les plaintes valides « ne supportent pas la thèse selon laquelle [...] il y aurait un problème systémique de harcèlement, de discrimination et de menaces ».

Pour l’entreprise, les médias s’acharnent injustement sur elle

Le géant du jeu vidéo a aussi fait appel à Gilbert Casellas, ancien président de l’Equal Employment Opportunity Commission, agence fédérale américaine qui veille à l’application des lois contre la discrimination au travail. Intervenu en tant que conseiller externe, il a conclu que « sur la base du volume de signalements, le nombre de mauvaises conduites établies est relativement faible pour une entreprise de la taille de Activision Blizzard [ndlr : environ 25 000 employés différents en dix ans] ».

La firme américaine prétend avoir mis en place ces derniers mois une politique de tolérance zéro contre le harcèlement et pour la consommation d’alcool sur le lieu de travail et durant des évènements. En effet, selon des témoignages d'employés, l’alcool est un vrai problème au sein de l’entreprise. Elle a longtemps entretenu une culture «frat boy», héritée de la fraternité étudiante qui a mauvaise réputation dans les universités américaines.

Depuis les poursuites engagées par le Département californien de l'emploi et du logement équitables (DFEH) en 2021 contre Activision, l’entreprise dénonce être l’objet d’une campagne de dénigrement de la part des médias. Pour elle, cette plainte a été « hautement inflammable » et elle aurait été « faite pour la presse ».

Toutes les affaires en cours n’ont pas encore abouti à des conclusions. L’entreprise est toujours examinée par la DFEH et fait l’objet d’une poursuite par la SEC pour ne pas avoir fourni des informations concernant le mauvais traitement de ses employés. Activision, qui a vu naître fin mai le premier syndicat dans l’industrie du jeu vidéo américain, devrait connaître un chamboulement organisationnel et ouvre la voie à une possible amélioration des conditions de travail.