C’est une page de 150 ans d’histoire automobile qui pourrait être tournée. Le Parlement européen a voté le 8 juin à Strasbourg, par 339 voix pour et 249 contre, la fin de la vente de voiture neuve à moteur thermique en 2035. Le texte pourrait définitivement aboutir à l’automne prochain.

Plus de moteur thermique (ou presque) en 2035

Le 8 juin les eurodéputés se sont exprimés sur huit textes du projet « Pacte vert » présenté par la Commission européenne en juillet 2021. Ce pacte composé de quatorze lois vise à réduire les émissions carbone du Vieux Continent à 55 % d’ici 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050.

Parmi les textes, certains ont été rejetés par les élus, mais l’interdiction des voitures thermiques a bien été validée par le Parlement. L’ambition de cette législation est de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de l’automobile de 50 % en 2030 et 100 % en 2035.

Cela entérine de fait la quasi-disparition du moteur thermique, y compris pour les véhicules hybrides. Seuls les véhicules électriques et éventuellement à hydrogène pourront être vendus neufs en 2035.

Une mesure anticipée, pas toujours de bon cœur, par la plupart des constructeurs automobiles comme Renault, Peugeot, Citroën, Ford, Volkswagen, Hyundai et d’autres. Aujourd’hui, 8 % des immatriculations en UE concernaient des véhicules électriques sur les cinq premiers mois de l’année, rapporte Le Monde. Cela représente l’ensemble des ventes de 2019.

Le rapporteur du texte, l’eurodéputé néerlandais Jan Huitema, membre du groupe centriste Renew, a salué une « révision ambitieuse » qu’il qualifie de « primordiale pour atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050 ». Son collègue Pascal Canfin, président de la commission parlementaire de l’environnement a applaudi sur Twitter une « victoire majeure ».

La journée fut tumultueuse à Strasbourg. Après le rejet surprise par la gauche et les écologistes de la réforme du marché européen du carbone, jugé insuffisamment ambitieux, deux autres textes liés ont été entraînés dans ce revers.

Le Parlement européen : une étape symbolique, mais une étape seulement

Ce ne fut pas le cas du règlement sur l’automobile, malgré une tentative du PPE, la droite pro-européenne, soutenue par l’extrême droite, de proposer une réduction des émissions de seulement 90 % en 2035. Le Monde note qu’une exception a été toutefois retenue, un amendement surnommé « Ferrari » : comme son nom l’indique, il épargne les véhicules de luxe à moteur thermique fabriqués à moins de 1 000 exemplaires.

Le vote lors de la session plénière du Parlement est une étape importante pour l’adoption du règlement, mais elle est loin d’être la dernière. Il doit être adopté par le Conseil européen, réunissant les chefs d’États et de gouvernement de l’UE. Le 28 juin, un Conseil européen des ministres de l’Environnement pourrait voir le texte aboutir. Il sera ensuite négocié en trilogue, avec le Conseil, le Parlement et la Commission, avant son adoption finale, probablement vers l’automne 2022.