Taïwan et l'Union européenne progressent vers une meilleure entente industrielle. Le gouvernement taïwanais a annoncé qu'une « avancée majeure » avait été possible dans les négociations entreprises avec l'Union européenne sur le terrain des semi-conducteurs. Comme le souligne The Register, ces négociations pourraient aboutir à la construction, sur le vieux continent, de nouvelles usines par les ténors taïwanais du semi-conducteur. Il s'agirait alors d'une étape importante de franchie pour stabiliser la chaîne d'approvisionnement en Europe, fortement affectée depuis les débuts de la pandémie de Covid-19. Dans un communiqué, le ministre de l'économie taïwanais assure pour sa part que son pays continuera d'être un « partenaire de confiance » pour l'Europe dans l'industrie du semi-conducteur.

Dans le cadre de ces négociations, l'intéressé a notamment eu Sabine Weyand comme interlocutrice. Directrice générale du commerce pour la Commission européenne, c'est elle qui est en charge des questions industrielles avec les puissances étrangères.

Bientôt une usine TSMC en Europe ?

L'avancée majeure évoquée par le gouvernement taïwanais touche au sujet d'une éventuelle implantation en Europe de certains grands groupes taïwanais, comme TSMC. Premier fondeur indépendant de semi-conducteurs au monde, cet industriel fait pratiquement la pluie et le beau temps sur un marché très dépendant de ses capacités de production.

L'Europe souhaite une implantation chez elle des géants taïwanais du semi-conducteur dans le cadre de son European Chips Act, lancé en février. Ce plan s'inscrit dans une démarche également adoptée par les États-Unis, qui pourraient accueillir pas moins de 6 usines TSMC, dont une (actuellement en cours de construction à Phœnix, Arizona) doit ouvrir ses portes en 2024. En Europe, TSMC avait préalablement annoncé avoir lancé les stades préliminaires d'une étude vouée à la construction potentielle d'un site de production en Allemagne. Un projet qui semble, à ce stade, suivre discrètement son cours.

Les échanges avec Taïwan se font également alors que L'Union européenne a déjà réussi à convaincre Intel de construire une nouvelle usine de semi-conducteur en Europe. Le géant américain, qui a ouvert l'année dernière ses fonderies aux commandes d'entreprises externes, a annoncé en mars dernier vouloir investir 36 milliards de dollars dans la fabrication, mais aussi la recherche et le développement, de puces sur le vieux continent. Ce budget colossal comprend notamment la construction d'une nouvelle usine à Magdebourg, au sud-ouest de Berlin.