L’Agence Spatiale Européenne (ESA) a annoncé sa participation à « la première mission au monde visant à retirer de l'orbite plusieurs petits satellites de télécommunications lorsqu'ils atteignent la fin de leur service opérationnel ».

Les débris spatiaux représentent un véritable danger

Ces dernières années, le nombre de débris spatiaux a drastiquement augmenté. Selon l’ESA, il y a actuellement en orbite terrestre près de 34 000 objets de plus de 10 cm, environ 900 000 de 1 cm à 10 cm et enfin, près de 128 millions d’1 mm à 1 cm. Ces objets font craindre le pire et peuvent entraîner de graves collisions. C’est notamment ce qui s’est produit le 18 mars 2021, lorsqu’un vestige de la fusée russe Zenit-2 a percuté le satellite chinois Yunhai 1-02.

« Il est essentiel de garantir une utilisation responsable de l'espace pour protéger le monde interconnecté d'aujourd'hui, car notre économie et notre société numériques reposent sur la capacité à communiquer », déclare Elodie Viau, directrice des télécommunications et des applications intégrées à l'ESA. Parfois, les collisions provoquées par des débris spatiaux peuvent même avoir des conséquences bien plus graves ; en 2019, la destruction d’un satellite indien a directement menacé la Station spatiale internationale et ses occupants. Par ailleurs, un débris spatial a percuté le bras robotique Canadarm2, situé sur la station, au mois de juin 2021.

Désormais, le nombre de satellites est en forte augmentation chaque année, notamment car des entreprises comme SpaceX avec Starlink, Amazon avec son Projet Kuiper ou encore OneWeb, déploient des constellations de milliers d’engins afin d’apporter un Internet haut débit aux zones reculées du monde.

Les débris spatiaux autour de la Terre.

L'orbite terrestre est remplie de débris spatiaux, et leur nombre ne fait que de croître. Image : ESA

L’ESA collabore avec Astroscale et OneWeb

« Avec des milliers de satellites déjà en orbite et des milliers d'autres lancés chaque année, il est de plus en plus important de s'attaquer au problème des débris spatiaux et de trouver de nouvelles façons de retirer les vaisseaux spatiaux hors d'usage et d'autres types de déchets spatiaux, afin de réduire le coût des dommages causés par les débris pour les opérateurs de satellites et de garantir la sécurité et la durabilité de l'espace », explique George Freeman, ministre britannique des sciences, dans le communiqué de presse de l'ESA.

Dans cette optique, l’Agence spatiale a décidé d’investir 14,8 millions d’euros dans la conception d’ELSA-M, un vaisseau développé par l’entreprise Astroscale qui sera capable de retirer plusieurs satellites hors service en une seule mission. Son lancement est prévu pour la fin de l'année 2024. Cette mission fait partie du Sunrise Programme de l’ESA ; il n’est pas rare que l’agence collabore avec des entreprises européennes afin d’encourager l'innovation dans l'industrie spatiale du Vieux Continent.

OneWeb, la constellation européenne, participe également au projet. Elle dispose pour le moment de 428 satellites placés en orbite à 1 200 kilomètres d’altitude sur les 650 prévus. Ainsi, le retrait des satellites hors service par le vaisseau d’Astroscale l'aidera à compléter sa constellation et à maintenir l'orbite terrestre basse comme une ressource partagée par d'autres agences et entreprises spatiales.

Démonstration animée de la manière dont ELSA-D, prédécesseur de ELSA-M, capture un petit satellite dans l'espace : 

Un service pour les opérateurs de satellites à venir

L'ESA et OneWeb ont déjà collaboré dans le domaine des télécommunications dans le cadre du programme Sunrise, avec OneWeb qui a notamment développé un satellite à saut de faisceau capable de répondre aux changements dans le trafic des communications.

« L'espace responsable est au cœur de notre mission chez OneWeb et nous sommes engagés dans des pratiques durables dans tous les environnements dans lesquels nous opérons. Le développement du prototype du serviteur ELSA-M est une autre étape importante vers une approche responsable de l'espace, garantissant que nos satellites peuvent être désorbités et que l'environnement de l'orbite terrestre basse est protégé comme une ressource naturelle et partagée », a déclaré Massimiliano Ladovaz, CTO chez OneWeb.

Après la démonstration de son prototype en 2024, Astroscale ambitionne par la suite de fournir un service d'enlèvement des débris aux opérateurs de satellites.