Le Prince saoudien, Mohammed ben Salmane (MBS), qui se présente comme un joueur de longue date, vient d'acheter des parts de Nintendo. Cela fait plusieurs années que le royaume investit dans le secteur du jeu vidéo. Depuis le 31 mars, il possède 5% du capital de la firme nippone, mais affirme que cela n’aura pas d’impact sur la stratégie de l'entreprise.

Un fonds d’investissement de 600 milliards de dollars

Le dirigeant saoudien, personnage controversé, n’en est pas à son coup d’essai. Depuis la création du fonds public d’investissement d’Arabie saoudite en 1971, le royaume, presque exclusivement dépendant du pétrole, cherche à diversifier ses activités. Il essaye par exemple de persuader le fabricant d’iPhone, Foxconn, d’installer une usine sur le territoire pour booster l’industrie locale.

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Pour l’instant, le précieux or noir n’est pas encore épuisé et le royaume en reste l’un des principaux fournisseurs. Le Wall Street Journal explique que le baril de pétrole est à son prix le plus élevé depuis le début du règne du prince Mohammed. Ce qui permet au fonds d’investissement d’atteindre 600 milliards de dollars.

Pour obtenir 5% du capital de Nintendo le pays a investi 3 milliards de dollars. L’Arabie saoudite prétend ne pas chercher à influencer la stratégie de la société japonaise. Pour le Prince saoudien, c’est la suite logique de son plan d’investissement dans l’industrie du divertissement.

En février 2021, la puissance pétrolière avait déjà engagé 3,3 milliards de dollars dans trois des plus gros éditeurs du jeu vidéo américain : Activision-Blizzard, Electronic Arts et Take-Two. Au-delà de la passion de MBS pour le jeu vidéo et la diversification économique de l’Arabie saoudite, c’est une manière de poser un pied dans une industrie qui alimente le soft power américain. À terme, il pourrait utiliser cette influence pour défendre l’image de son pays en faisant passer des messages à travers les jeux ou en y incluant des éléments de la culture arabe.

Le jeu vidéo et l’eSport, des secteurs porteurs pour l’Arabie saoudite

Côté Japon, Nintendo n’est pas la première entreprise concernée par ces investissements. Début 2022, le fonds a acheté 5% des parts de l’éditeur Capcom. Depuis avril, il est devenu le propriétaire de la société japonaise SNK, développeur de jeux de combat, dont il possède 96% à travers sa fondation MiSK. Il a aussi investi dans l’entreprise sud-coréenne, Nexon, très présente sur le marché des jeux mobiles et PC.

La plupart de ces acteurs du jeu vidéo sont les propriétaires de licences fortes sur la scène eSport. Street Fighter avec Capcom, The King of Fighters pour SNK ou encore Super Smash Bros. chez Nintendo. Ces acquisitions vont dans le sens de la stratégie du prince saoudien qui a fondé l’entreprise Savvy Gaming Group dans le but d’investir dans la compétition de jeu vidéo.

Via cette société, l’Arabie saoudite a racheté en janvier deux acteurs importants de l’eSport : ESL, plus grande ligue de joueurs professionnels et FACEIT, plateforme de mise en relation entre les joueurs. Avec ces deux structures, le pays se positionne comme organisateur des plus grosses compétitions mondiales d’eSport.

MBS a bien compris que le secteur du jeu vidéo allait grandir, idéal pour contribuer à alimenter l’économie de son royaume. Le prince saoudien pourrait poursuivre ce type d’investissement, au risque de voir son influence dans l’industrie vidéoludique avoir un impact à différents niveaux, comme sur le processus de création.