Google a annoncé le 18 mai le dépôt de bilan prochain de sa filiale russe. Une décision préparée depuis plusieurs semaines, après de multiples sanctions liées à la guerre en Ukraine. Les services gratuits tels que le moteur de recherche, Gmail, YouTube, Android, etc., resteront accessibles dans le pays.

Un départ préparé de longue date

Un porte-parole du géant américain a déclaré à Reuters que « La saisie du compte bancaire de Google Russie par les autorités russes a rendu impossible le fonctionnement de notre bureau en Russie, notamment l'embauche et le paiement des employés basés en Russie, le paiement des fournisseurs et des vendeurs, et le respect d'autres obligations financières ». En conséquence, l’entreprise s’apprête à déposer le bilan de sa filiale.

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Une décision préparée de longue date selon une note du registre financier russe Fedresurs, « Depuis le 22 mars 2022, elle [la filiale de Google] prévoit sa propre faillite et son incapacité à remplir ses obligations monétaires. »

Comme beaucoup d’entreprises numériques, Google a pris des mesures à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. En mars, les publicités ont été suspendues dans le pays. Puis, les comptes de certains médias russes, réputés proches du Kremlin, ont été suspendus de YouTube.

Si le Kremlin a affirmé, le 17 juin, ne pas souhaiter le départ de Google ni YouTube, les sanctions pleuvent : un milliard de roubles, environ 14,5 millions d’euros au cours actuel, ont été saisis sur les comptes de Google à la demande d’une chaîne de télévision qui a vu son contenu bloqué. En décembre 2021 le géant a reçu une amende de 7,2 milliards de roubles, 104 millions d’euros au cours actuel, pour le maintien en ligne de contenu jugé illégal en Russie.

Selon le service fédéral des huissiers de Russie, deux autres saisies ont été exécutées depuis mi-mars, sans que leurs montants soient précisés. Impossible de déterminer quelle saisie a été à l’origine du départ de Google.

Google ne va pas disparaître de Russie

Les salariés russes de Google ont été invités par l’entreprise à quitter le pays depuis mars, affirme le Wall Street Journal. La plupart de ceux qui le souhaitaient se sont installés dans les locaux de l’entreprise, à Dubaï. Depuis la fermeture d’un pôle ingénierie en 2014, l’année de l’annexion de la Crimée, il restait une centaine de salariés, dédiée à la vente de publicité et autres activités commerciales de l’entreprise, suspendues depuis la mi-mars.

Google va toutefois maintenir ses services gratuits en Russie, selon le porte-parole de l’entreprise, « Les habitants de la Russie comptent sur nos services pour accéder à des informations de qualité ».