Le FBI tire la sonnette d'alarme : « n'embauchez pas accidentellement un hacker nord-coréen ». Sans le savoir, certaines entreprises américaines ont recruté des développeurs informatiques à l'étranger, qui travaillent secrètement pour le régime de Kim Jong-un. Selon le FBI, ces recrutements représentent un risque pour le pays.

Des nord-coréens dissimulés pour financer le régime de Pyongyang

Les autorités américaines ont récemment mis en garde les entreprises au sujet de l'embauche par inadvertance d'employés originaires de Corée du Nord. Ces derniers profiteraient des politiques de travail à distance pour dissimuler leur véritable identité et engraisser Pyongyang sur le dos de Washington. Ils peuvent également infiltrer les infrastructures web des entreprises concernées. Le département d'État, le département du Trésor et le FBI affirment que cette pratique est de plus en plus répandue depuis la crise sanitaire.

Le régime nord-coréen déploie des efforts de plus en plus importants pour tenter de contourner les sanctions des États-Unis et des Nations unies, dans l'objectif de financer les programmes d'armes nucléaires et de missiles balistiques de la Corée du Nord. Les fédéraux et les fonctionnaires américains qui travaillent sur ce dossier ont déclaré que les entreprises qui ont recruté et payé ces travailleurs, même par inadvertance, peuvent s'exposer à des conséquences juridiques pour violation des sanctions. Ils estiment que « des milliers de développeurs nord-coréens composent actuellement les rangs des entreprises américaines ».

Ces développeurs décrochent des contrats en freelance

Selon le FBI, ces développeurs profitent du manque de talents aux États-Unis et en Europe, dans le domaine de l'informatique et de l'intelligence artificielle. Il s'agit notamment de développeurs pour des logiciels et des applications mobiles. Ils obtiennent des contrats en freelance auprès de clients du monde entier, notamment en Amérique du Nord, en Europe et en Asie de l'Est. Trois nord-coréens ont récemment été inculpés car ils été prouvé qu'ils étaient directement reliés au gouvernement de Kim Jong-un. Ils prétendaient être originaires de Corée du Sud.

Les autorités américaines dressent une liste de mesures que les entreprises doivent surveiller, notamment le refus de participer à des appels vidéo et les demandes de paiement en monnaie virtuelle. Le FBI a déclaré que ces travailleurs étaient pour la plupart basés en Chine et en Russie, et qu'un plus petit nombre d'entre eux opéraient en Afrique et en Asie du Sud-Est. Une grande partie de l'argent qu'ils gagnent est confisquée par le gouvernement nord-coréen. Si l'objectif principal de ces travailleurs est bien de faire gagner de l'argent à Pyongyang, certains ont tout de même contribué à des opérations cybercriminelles, soutenues par le gouvernement de Kim Jong-un.